Gabon Vert : les recommandations stratégiques de Murim pour la filière agricole
En conférence de presse le vendredi 3 avril à Libreville, l’association pour le développement agricole Murim a présenté une série de recommandations destinées à soutenir le projet avicole du président de la République. Laboratoires spécialisés, provenderies provinciales, garanties bancaires pour les porteurs de projets : la présidente Edith Massounga de Langlade a déroulé une feuille de route exigeante, appelant l’État à transformer l’essai d’un budget agricole encore très en deçà des ambitions affichées.

Murim, en photo de famille à l’issue de la conférence, le 3 avril 2026 à Libreville. © GabonReview
L’association pour le développement agricole Murim a tenu, vendredi 3 avril 2026 à Libreville, une conférence de presse consacrée à son soutien au projet avicole du président de la République. Devant ses membres réunis, sa présidente, Edith Massounga de Langlade, a dressé un diagnostic sans concession du secteur et esquissé les contours d’une relance ambitieuse, inscrite dans le cadre du programme «Gabon Vert», pilier du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030.

Instantanés de la conférence de presse. © GabonReview
L’association a fait sien l’objectif présidentiel de restaurer la souveraineté alimentaire du pays. «La réussite de ce grand projet doit permettre de produire en grande quantité afin de nourrir la population», a déclaré Edith Massounga de Langlade, dont l’intervention a traduit une vision à la fois technique et sociale de la transformation agricole.
Des infrastructures critiques au cœur des priorités
Parmi les recommandations formulées, la création de laboratoires spécialisés occupe une place centrale : un laboratoire national vétérinaire, un laboratoire de bromatologie pour le contrôle des aliments pour bétail, et un laboratoire d’analyse des pesticides. «Ces laboratoires doivent, en plus de la capitale, disposer d’antennes dans les provinces, ainsi que d’abattoirs répondant aux normes sanitaires requises. À ce jour, notre pays ne dispose pas de laboratoires d’analyses complètes», a souligné la présidente. À cela s’ajoute l’impératif de renforcer la biosécurité dans les élevages, ce qui «nécessite la formation des acteurs des filières avicole et agricole».
Murim préconise également le déploiement de provenderies dans chaque province et département, face au déficit criant d’unités de fabrication d’aliments pour bétail, le Gabon n’en comptant aujourd’hui qu’une seule, portée par la SMAG. Or, les objectifs de production tablent sur «90 000 à 100 000 tonnes» d’aliments, rendant ce maillage territorial indispensable.
Sur le volet financier, l’association appelle l’État à se porter garant des porteurs de projets auprès des banques, notamment via le fonds agricole de la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG). Elle plaide pour un relèvement progressif du budget agricole, actuellement de 22 milliards de FCFA, vers 400 milliards, à l’horizon 2027. «De nombreux citoyens, bien formés et expérimentés en aviculture, n’ont ni fermes ni moyens de démarrer. Il est urgent de leur donner une chance», a conclu Edith Massounga de Langlade. La balle est désormais dans le camp des autorités.
Thécia Nyomba












0 commentaire
Soyez le premier à commenter.