Gestion du conflit homme-éléphant : atelier à Libreville pour renforcer la sensibilisation communautaire
L’Atelier d’échanges et de restitution des travaux sur la collecte d’informations et des réunions de proximité avec les parties prenantes, ouvert ce mardi 11 novembre, à Libreville, s’inscrit dans le cadre des préparatifs de la campagne nationale de sensibilisation à la coexistence homme-éléphant au Gabon. Initié par la Wildlife Conservation Society (WCS) en partenariat avec le ministère des Eaux et Forêts chargé du conflit homme-faune, l’ONG Space for Giants et d’autres ONG locales, ce projet de deux ans est financé par l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale (Cafi1). Il vise à soutenir une cohabitation pacifique et durable entre les populations humaines et les éléphants de forêt.

Les participants et les officiels lors du séminaire de ce 11 novembre 2025, au Cenarest. © GabonReview
Le conflit homme-éléphant est l’une des manifestations plausibles du conflit homme-faune au Gabon. Il se traduit régulièrement par des dégâts importants dans les zones agricoles, par des pertes économiques et des tensions sociales. À l’ouverture, ce mardi 11 novembre, de cet atelier consacré aux travaux préliminaires à la campagne nationale de la sensibilisation communautaire sur la coexistence homme-éléphant, le Coordonnateur scientifique et technique du Centre national de la recherche scientifique et technologique (Cenarest), Christian Mikolo, a fait noter l’importance de ce projet.
«Mieux informer le public», «encourager les bonnes pratiques» et «valoriser les initiatives locales»
«Le Gabon, reconnu comme un pays de nature et de biodiversité exceptionnelle, abrite une population d’éléphants de forêt parmi les plus importantes du continent africain», a-t-il dit, tout en insistant sur le rôle écologique des éléphants, véritables «ingénieurs des écosystèmes forestiers», et évoquant la nécessité d’une campagne nationale pour «mieux informer le public», «encourager les bonnes pratiques» et «valoriser les initiatives locales».
Le directeur par intérim de la Direction générale de la Faune et des Aires protégées (DGFAP), Clotaire Moukegni Sika, a rappelé la montée des conflits dans les zones rurales. «Le Gabon, vous le savez, abrite l’une des plus importantes populations d’éléphants de forêt d’Afrique», a-t-il indiqué. Il a réitéré l’engagement du gouvernement et de ses partenaires à «promouvoir la coexistence pacifique et durable» par le biais de cette campagne. Pour lui, les messages, outils et cibles devront être adaptés au contexte gabonais et s’appuyer sur une approche inclusive.

Instants de l’atelier. © GabonReview
Quant au Dr Steve Nguema, chercheur à l’IRF Cenarest et directeur scientifique à l’ONG Scoop C-Lab, il a rappelé que la sensibilisation communautaire est une étape clé dans la gestion du conflit. «Dans la stratégie globale de la gestion du conflit homme-faune, la sensibilisation communautaire est primordiale», a-t-il indiqué. Il a évoqué l’efficacité des barrières électriques, tout en précisant l’importance d’une meilleure connaissance technique et sociale des méthodes.
Renforcer la collaboration institutionnelle pour une gestion durable de la coexistence
L’atelier a pour objectif de recueillir les messages et supports adaptés pour renforcer la sensibilisation des communautés. Il entend aussi vérifier la fiabilité et la cohérence des informations collectées lors des réunions de terrain, compléter les données existantes pour une meilleure compréhension des conflits, créer un espace d’échange et de partage entre les différents acteurs, et synthétiser des outils de communication efficaces. Ces actions doivent permettre d’harmoniser les approches et renforcer la collaboration institutionnelle pour une gestion durable de la coexistence.
Les résultats attendus de cet atelier comprennent la validation des informations collectées et l’enrichissement des données pour mieux objectiver la réalité des conflits homme-éléphant. Cette démarche participative rassemble experts, autorités, ONG et communautés locales, afin de créer une campagne nationale d’éducation à la fois ambitieuse, adaptée et porteuse d’espoir pour concilier conservation de la biodiversité et développement durable au Gabon.
















0 commentaire
Soyez le premier à commenter.