Hépatites virales : 92 % des cancers du foie liés à la maladie, les autorités alertent
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les hépatites virales, célébrée ce 28 juillet sous le thème « Hépatite, parlons-en », la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a lancé un appel à une mobilisation nationale contre ces maladies qui placent le Gabon parmi les pays de forte endémie, responsables de 92 % des cancers du foie. Dans son allocution, elle a insisté sur l’urgence du dépistage, de la vaccination et de la lutte contre la stigmatisation.

Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a rappelé que le pays demeure l’une des zones de forte endémie de l’hépatite B, tout en appelant la population à adopter les gestes de prévention susceptibles d’inverser cette tendance. © GabonReview (montage/IA)
Le Gabon fait face à un défi sanitaire majeur. À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les hépatites virales, célébrée ce 28 juillet, la ministre de la Santé, le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a rappelé que le pays demeure l’une des zones de forte endémie de l’hépatite B, tout en appelant la population à adopter les gestes de prévention susceptibles d’inverser cette tendance.
Selon la troisième Enquête démographique et de santé (EDS III 2019-2021), la prévalence de l’hépatite B est estimée à 5,8 % au Gabon. Un niveau qui, a souligné la ministre, « classe ainsi notre pays parmi les zones de forte endémie ». Plus préoccupant encore, les données hospitalières indiquent que les hépatites virales sont responsables de 92 % des cancers primitifs du foie et de 85 % des cas de cirrhose, illustrant leur lourd impact sur la santé publique.
Un enjeu sanitaire majeur
À l’échelle mondiale, les hépatites virales provoquent plus de 1,3 million de décès chaque année. L’Organisation mondiale de la santé estime qu’« une personne meurt toutes les 30 secondes des suites d’une hépatite virale », les hépatites B et C étant responsables de plus de 95 % de cette mortalité.
Pour le membre du gouvernement, cette réalité justifie une mobilisation accrue autour du thème retenu cette année : « Hépatite, parlons-en ». « Ce thème nous invite à briser le silence autour des hépatites virales, à lutter contre la stigmatisation et à encourager chacun à s’informer, à se faire dépister et à accéder aux soins », a déclaré le Pr Ayo-Bivigou.
Dépistage, vaccination et gouvernance renforcée
La ministre a rappelé que, conformément à l’objectif fixé par l’OMS d’éliminer les hépatites virales comme menace de santé publique d’ici à 2030, le Gabon a engagé plusieurs réformes depuis 2024.
Sous l’impulsion du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement a notamment renforcé les campagnes de sensibilisation, introduit la vaccination contre l’hépatite B dès la naissance dans le Programme élargi de vaccination, généralisé le dépistage des femmes enceintes et engagé des actions pour améliorer l’accès aux traitements.
Elle a également estimé que « la création d’un programme national de lutte contre les hépatites est nécessaire », afin de structurer davantage la réponse nationale face à ces maladies.
Mieux informer pour prévenir
Profitant de cette journée de sensibilisation, la ministre est revenue sur les différents modes de transmission. Les hépatites A et E se transmettent principalement par voie féco-orale, en lien avec une mauvaise hygiène de l’eau, des aliments ou des mains. Les hépatites B, C et D, quant à elles, se transmettent par le sang, lors d’actes médicaux ou esthétiques réalisés dans de mauvaises conditions d’hygiène, par les rapports sexuels non protégés ou encore de la mère à l’enfant pendant la grossesse ou l’accouchement.
Face à ces risques, elle a exhorté chaque citoyen à adopter les mesures de prévention. « J’invite chaque Gabonaise et chaque Gabonais à adopter les bons gestes de prévention : se faire dépister, se faire vacciner lorsque cela est recommandé et s’informer auprès des professionnels de santé », a-t-elle lancé.
Elle a également appelé les parents à respecter le calendrier vaccinal national afin de protéger les nouveau-nés dès les premiers jours de vie.
Lever les tabous autour des hépatites
Au-delà de la prévention médicale, le gouvernement souhaite combattre les idées reçues qui freinent encore le recours au dépistage et aux soins.
« Les hépatites virales ne sont ni une fatalité ni une honte. Diagnostiquées précocement, elles peuvent être prises en charge efficacement, permettant ainsi de prévenir leurs complications les plus graves », a insisté la ministre, rappelant que « connaître son statut, c’est se donner la possibilité de se protéger, de protéger les autres et, le cas échéant, de bénéficier d’une prise en charge adaptée et précoce ».
En conclusion, le Pr Ayo-Bivigou a salué l’engagement des professionnels de santé, des associations spécialisées telles que SOS Hépatites Gabon et le Réseau gabonais contre les hépatites virales, ainsi que des partenaires nationaux et internationaux mobilisés pour atteindre l’objectif d’élimination de ces maladies. « Ensemble, faisons en sorte que plus personne ne souffre ou ne meure d’une hépatite qui peut être prévenue, dépistée et traitée », a-t-elle conclu.















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