Île Mandji : tombée d’un pont de fortune, Aurélie Flore Iroungui ne tient plus debout
Victime d’une chute à travers les planches d’une passerelle de fortune derrière l’hôpital régional de Ntchénguè, à Port-Gentil, Aurélie Flore Iroungui peine aujourd’hui à se tenir debout et à marcher. Son accident relance le débat sur la dangerosité de ces ouvrages précaires et l’urgence d’une intervention des pouvoirs publics.

Le pont de fortune à l’origine de l’accident. © GabonReview
Le chemin du retour à la maison s’est transformé en cauchemar pour Aurélie Flore Iroungui. Cette Gabonaise d’une cinquantaine d’années a chuté, il y a quelques jours, à travers les planches vétustes de l’unique passerelle reliant son quartier au reste de l’île Mandji, dans le quatrième arrondissement de Port-Gentil. Depuis, la quinquagénaire éprouve d’importantes difficultés à marcher et passe une grande partie de son temps alitée.
À ses douleurs s’ajoutent de fortes fièvres qui inquiètent son entourage. Nécessitant des examens médicaux, elle lance un appel à la solidarité pour pouvoir être évacuée vers un établissement de santé. «Merci beaucoup aux personnes qui m’ont soutenue. Ceux qui veulent peuvent toujours me venir en aide, comme l’a fait l’association CCM. J’ai vraiment besoin de l’aide de tout le monde pour me rendre à l’hôpital», témoigne-t-elle.
Pour la Concertation Citoyenne Mandji (CCM), cet accident est loin d’être un simple fait divers. Il révèle la précarité des conditions de déplacement des habitants de cette zone, contraints d’emprunter quotidiennement une passerelle constituée de planches et de matériaux de récupération.
Lors d’une descente effectuée dimanche 30 août 2026, l’organisation a constaté l’état particulièrement dégradé de l’ouvrage : trous, herbes et planches fragilisées rendent la traversée dangereuse, notamment pour les enfants et les personnes âgées. La CCM a procédé au débroussaillage des abords du pont afin de réduire les risques. «Nous sommes venus faire cette action à cause de votre cri», explique Pierre Moundounga, membre de l’organisation.
Mais au-delà de cette intervention ponctuelle, la CCM réclame une réponse structurelle. Elle appelle les pouvoirs publics à construire un pont métallique plus solide et sécurisé, mais également à aménager une véritable voie d’accès susceptible de permettre aux véhicules de rejoindre cette partie de l’île Mandji. «Les populations souhaitent avoir un pont métallique qui peut réduire considérablement le risque d’accident. Notre souhait est que les populations soient exaucées», plaide l’organisation. Une revendication qui prend une dimension particulière alors que la passerelle actuelle constitue, pour de nombreux riverains, le seul moyen de rejoindre leur domicile.
Le manque d’éclairage expose les populations aux dangers

Le pied gauche d’Aurélie Flore Iroungui, victime d’un accident. © GabonReview
L’autre urgence concerne l’éclairage. À la tombée de la nuit, les habitants traversent la passerelle dans une obscurité quasi totale, en s’appuyant sur la lumière de quelques habitations ou celle de leurs téléphones. Une situation qui augmente, selon la CCM, les risques de chutes, d’agressions ou de rencontres avec des animaux. L’organisation préconise donc l’installation de panneaux solaires. «On voit bien que là, il n’y a pas de panneaux solaires. Les populations dépendent de l’éclairage de quelques maisons. Une zone comme celle-ci qui n’est pas éclairée expose les populations à beaucoup de dangers», observe Pierre Moundounga.
À travers cette action, menée autour du triptyque «Écouter, échanger et agir ensemble», la CCM entend transformer le drame individuel d’Aurélie Flore Iroungui en alerte collective. L’organisation prévoit de l’accompagner vers l’hôpital afin qu’elle bénéficie d’une prise en charge adaptée, tout en portant les doléances des riverains auprès des autorités compétentes. Pour la CCM, le message est désormais de sécuriser cette passerelle avant qu’un nouvel accident ne survienne. Alors qu’Aurélie Flore Iroungui reste immobilisée après sa chute, les habitants de cette partie de l’île Mandji attendent toujours une infrastructure digne de ce nom pour pouvoir simplement rentrer chez eux sans risquer leur vie.
















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