Île Mbanié : vers la signature imminente d’un accord entre Libreville et Malabo
Reçu le 9 juillet par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’envoyé spécial de la Commission de l’Union africaine, Albert Shingiro, a fait le point sur les avancées du processus de règlement du différend frontalier opposant le Gabon et la Guinée équatoriale autour de l’île Mbanié. Alors que les négociations techniques sont achevées, un accord définissant le cadre de la médiation africaine devrait être signé dans les prochaines semaines, ouvrant la voie à la mise en œuvre concertée de l’arrêt rendu par la Cour internationale de justice (CIJ).

Brice Clotaire Oligui Nguema et son homologue de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbaogo, le 25 octobre 2023. © Com. présidentielle
Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu, jeudi 9 juillet, Albert Shingiro, envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine (UA), à la tête d’une délégation chargée du suivi du différend frontalier entre le Gabon et la Guinée équatoriale relatif à l’île Mbanié.
Cette audience intervient dans un contexte marqué par l’accélération des efforts diplomatiques entrepris sous l’égide de l’organisation continentale afin de parvenir à un règlement durable et consensuel de ce contentieux, conformément aux principes du droit international et aux mécanismes africains de règlement pacifique des différends.
Selon la présidence gabonaise, les échanges ont permis «de faire le point sur l’évolution du processus de dialogue» et de réaffirmer «la volonté commune des différentes parties de privilégier la concertation, la diplomatie et le dialogue comme voies privilégiées pour parvenir à une solution mutuellement acceptable».
Un accord attendu dans les prochaines semaines

Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu, jeudi 9 juillet à Libreville, Albert Shingiro. © Com. présidentielle
Au cœur des discussions figure la finalisation d’un accord destiné à encadrer le mécanisme conjoint de mise en œuvre de l’arrêt de la Cour internationale de justice. D’après les informations communiquées à Libreville, les négociations autour du texte proposé par l’Union africaine sont désormais achevées.
Le document, qui fixe le cadre général de la médiation conduite par l’organisation panafricaine, devrait être signé dans les prochaines semaines par les ministres des Affaires étrangères des deux pays. Cette étape marquera le lancement effectif du processus d’application de la décision rendue par la juridiction internationale dans l’affaire portant sur la «délimitation terrestre et maritime et la souveraineté sur des îles».
Le dossier, particulièrement sensible, concerne à la fois les frontières terrestres et maritimes entre les deux États ainsi que la souveraineté sur les îlots Mbanié, Conga et Cocotiers.
Une mise en œuvre fondée sur la négociation
Contrairement à certaines interprétations, la Cour internationale de justice n’a ni tracé de nouvelles frontières ni attribué directement un territoire à l’un ou l’autre des États. Son arrêt s’est essentiellement prononcé sur les titres juridiques invoqués par les parties et renvoie désormais le Gabon et la Guinée équatoriale à la négociation pour traduire concrètement ses conclusions.
Plusieurs observateurs estiment qu’une application strictement mécanique de la décision pourrait soulever des difficultés, notamment au regard des réalités territoriales actuelles. D’où la nécessité, pour les deux capitales, de privilégier une approche progressive et concertée sous la supervision de l’Union africaine.
Libreville réaffirme son attachement à une issue pacifique
Au cours de l’entretien, Brice Clotaire Oligui Nguema a réitéré «l’attachement du Gabon aux valeurs de paix, de stabilité et d’intégration régionale», tout en saluant «l’engagement constant de l’Union africaine en faveur de la préservation de la paix et du renforcement de la coopération entre les États membres».
Pour les autorités gabonaises, le règlement pacifique de ce différend constitue un enjeu stratégique majeur pour l’ensemble du Golfe de Guinée. Le gouvernement estime qu’une issue négociée contribuerait à renforcer la sécurité régionale, à consolider la coopération économique et à favoriser les investissements dans cette zone d’importance géopolitique.
Le chef de l’État a, enfin, réaffirmé sa disponibilité à poursuivre «avec responsabilité et dans un esprit constructif» toutes les démarches susceptibles de conduire à un règlement définitif de ce dossier, dans le respect des intérêts du Gabon et des engagements internationaux librement consentis.















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.