Investissement : le Gabon relance le Haut conseil pour attirer 18 000 milliards de FCFA du secteur privé
Huit ans après sa dernière session, le Haut conseil pour l’investissement (HCI) reprend ses activités sous l’impulsion du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Ouverts le 4 juin 2026 à Libreville par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, les travaux visent à renforcer le dialogue public-privé, améliorer le climat des affaires et mobiliser les financements nécessaires à la mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement 2026-2030, dont près des deux tiers devraient être assurés par le secteur privé.

Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, ouvrant les travaux du HCI, le 4 juin 2026. © GabonReview
Le Gabon a officiellement relancé les travaux du Haut conseil pour l’investissement (HCI), une instance importante appelée à jouer un rôle central dans l’amélioration du climat des affaires et la mobilisation des capitaux nécessaires à la transformation économique du pays. Cette relance fait suite aux orientations données par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors du Conseil des ministres du 30 avril 2026.
C’est dans ce cadre que le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a procédé, ce jeudi 4 juin 2026 au Palais des Congrès de la Cité de la Démocratie, à l’ouverture officielle des travaux du HCI. Une rencontre qui marque la reprise du dialogue public-privé huit ans après la dernière session tenue en 2018.
Dans son allocution d’ouverture, Hermann Immongault a souligné l’importance de cette nouvelle dynamique impulsée par les plus hautes autorités du pays. «L’orientation donnée par le chef de l’État traduit une conviction qui est forte. La réussite de la transformation économique de notre pays, cette réussite ne peut reposer que sur un partenariat renouvelé, sincère, efficace, entre l’État et les secteurs privés. Par cela, notre pays entre dans une nouvelle phase de son histoire. Après le temps de la refondation vient celui de la preuve. Le temps où les engagements doivent se traduire en résultats concrets, visibles et mesurables pour nos concitoyens et nos entreprises», a-t-il déclaré.
Au-delà d’une simple rencontre institutionnelle, les autorités entendent faire de cette relance un véritable levier d’action. L’objectif est de construire des solutions concrètes, lever les obstacles qui freinent les investissements et produire des résultats rapidement perceptibles par les acteurs économiques. Pour y parvenir, le vice-président du gouvernement a rappelé les principes qui devront guider les travaux. «Pour y parvenir, trois impératifs catégoriques doivent guider notre action. Le premier est celui de la transparence et de la confiance mutuelle. Le dialogue public-privé ne peut prospérer que dans un climat de respect réciproque et de franchise. Le deuxième est celui de l’inclusivité et de la représentativité. Toutes les composantes du tissu économique doivent pouvoir contribuer à cette réflexion collective. Le troisième est celui de la responsabilité et du suivi rigoureux», a-t-il fait savoir. Il a également insisté sur la nécessité d’accompagner chaque engagement d’indicateurs précis et d’évaluations régulières afin de garantir leur mise en œuvre effective.
Près de 27 000 milliards de francs CFA devront être mobilisés pour soutenir l’économie gabonaise

Photo de famille à l’issue de la séance plénière. © GabonReview
Pour le gouvernement, cette relance intervient dans un contexte où le Plan national de croissance et de développement 2026-2030 fixe des objectifs particulièrement ambitieux. Selon le ministre de l’Économie, Thierry Minko, près de 27 000 milliards de francs CFA devront être mobilisés pour soutenir la transformation structurelle de l’économie gabonaise. Le secteur privé devrait contribuer à hauteur d’environ 18 000 milliards de francs CFA, soit près des deux tiers des financements attendus. «Cette ambition ne pourra être atteinte qu’à travers un climat de confiance renouvelé et un environnement des affaires plus attractif. C’est tout le sens du dispositif que nous mettons en œuvre aujourd’hui», a indiqué Thierry Minko.
Les autorités estiment que le Gabon dispose désormais de nombreux atouts pour attirer davantage d’investissements. Stabilité institutionnelle, volonté politique affirmée, abondance des ressources naturelles et potentiel humain constituent autant d’éléments favorables à l’essor du secteur privé.
Président de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), Alain-Claude Kouakoua a salué les réformes engagées ces derniers mois. «La relance du Haut conseil pour l’investissement, les efforts engagés en faveur du dialogue public-privé, les réflexions en cours sur la compétitivité de notre économie, la lutte contre la vie chère, le renforcement du contenu local, ainsi que les mesures visant à améliorer l’efficacité de l’administration économique constituent des signaux encourageants pour les investisseurs et les opérateurs économiques», a-t-il souligné.
Des groupes de travail thématiques
Les travaux du HCI se dérouleront jusqu’au 15 juin prochain. Après la séance plénière d’ouverture, des sessions techniques se tiendront du 4 au 11 juin au sein de groupes thématiques réunissant les différentes administrations concernées et les représentants du secteur privé. Les 12 et 13 juin seront consacrés à la consolidation des recommandations et à l’adoption d’une feuille de route commune. La restitution générale et la validation finale des réformes retenues interviendront le 15 juin avant leur formalisation dans le cadre des procédures gouvernementales.
Le Haut conseil pour l’investissement a notamment pour mission de promouvoir un environnement des affaires attractif, de renforcer le dialogue public-privé, de favoriser la mobilisation des capitaux nationaux et étrangers, de lever les contraintes liées à l’investissement et de définir les grandes orientations des politiques d’investissement au Gabon. Sa relance apparaît ainsi comme un outil nécessaire de la stratégie gouvernementale visant à accélérer la diversification et la modernisation de l’économie nationale.













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