La sentence est tombée. Selon la révélation du journal gabonais ‘Le Soleil’, aucun des étudiants gabonais envoyés en Australie dans le cadre du projet Ivindo Iron n’a franchi le seuil de l’université. Zéro admis. Ce rejet collectif, net et sans appel, ne met pas en cause les universités étrangères, mais expose brutalement l’échec d’un système national de formation incapable de produire des compétences scientifiques et techniques à la hauteur des ambitions industrielles du Gabon.

Devant l’université australienne, ce ne sont pas les étudiants gabonais qui ont échoué, mais tout un système de formation qui a été recalé. © GabonReview / Dall-E (Intelligence artificielle) 

 

La révélation est tombée sans détour. Dans son édition du 16 janvier 2026, l’hebdomadaire ‘Le Soleil’ indique qu’aucun des étudiants gabonais envoyés en Australie pour être formés aux métiers des mines, dans le cadre du projet Ivindo Iron, n’a été admis à l’université. Zéro admis. Un échec collectif, total, qui ne relève ni du hasard ni d’un incident isolé.

Pour comprendre, il faut d’abord planter le décor. L’Australie applique des règles simples et strictes : pour entrer à l’université, notamment dans les filières minières, il faut un socle solide en mathématiques, en sciences physiques, en chimie, ainsi qu’une bonne maîtrise de l’anglais. Les étudiants gabonais ont été évalués selon ces critères, sans traitement particulier. Malgré plusieurs mois de préparation et d’étude préalable de l’anglais, ils n’ont pas franchi la première étape. Le verdict est tombé avant même le début des cours.

Aux dernières nouvelles, quelques-uns de ces étudiants ont néanmoins été repêchés du fait des pressions diplomatiques du Gabon.

Un échec collectif qui dépasse Ivindo Iron

Il n’en reste pas moins que les profils de l’ensemble des étudiants ne sont pas anecdotiques. Selon Le Soleil, il s’agit d’«une trentaine de jeunes Gabonais» dont le niveau allait «de la terminale scientifique au Master II». Autrement dit, des étudiants censés représenter le vivier national pour un projet minier stratégique, appelé à transformer durablement l’économie du pays.

Le journal pointe des causes précises : un faible niveau en anglais, mais surtout de graves lacunes dans les matières scientifiques et techniques. Ce sont ces insuffisances, bien plus que la barrière linguistique, qui ont pesé lourd. L’Australie n’a fait qu’appliquer ses standards. Le problème se situe en amont, dans la formation reçue au Gabon.

Cet épisode agit ainsi comme un révélateur. Il montre que l’on peut sélectionner, financer, envoyer à l’étranger, mais que cela ne suffit pas si les bases ne sont pas là. Quand une promotion entière échoue, ce ne sont pas les individus qui sont en cause, mais le système qui les a formés.

Université gabonaise : la question qui dérange

C’est ici que le débat devient politique. Le Soleil évoque une «baisse continue du niveau d’enseignement» et met directement en cause l’efficacité de l’enseignement supérieur. La question qui se pose est simple, mais dérangeante : comment expliquer que des étudiants diplômés, encadrés par des enseignants titulaires, soient incapables de répondre à des exigences universitaires internationales pourtant classiques ?

La conséquence est lourde. Faute de compétences nationales suffisamment formées, les grands projets industriels risquent de dépendre durablement d’expertises étrangères. D’où l’appel de l’hebdomadaire à un «plan de sauvetage des universités publiques», pour leur redonner un niveau réel, pas seulement des diplômes.

Au fond, l’affaire Ivindo Iron n’est pas un accident. C’est un signal d’alarme. Tant que l’école et l’université ne seront pas sérieusement refondées, les ambitions industrielles du Gabon resteront fragiles, suspendues à un système de formation qui ne tient plus ses promesses.

 
GR
 

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