À l’occasion de la Journée nationale de la femme, célébrée ce vendredi 17 avril au Gabon, Dre Armande Longo Moulengui appelle à dépasser le cadre juridique pour garantir une égalité réelle et effective. Entre avancées législatives et obstacles persistants, la ministre des Affaires sociales chargée de la Protection de l’enfance et de la femme, exhorte à briser le plafond de verre et à renforcer l’autonomisation des femmes.

La ministre des Affaires sociales, chargée de la Protection de l’enfance et de la femme, Dre Armande Longo Moulengui. © D.R.

La Journée nationale de la femme, célébrée ce vendredi 17 avril 2026, a été marquée par un appel fort de la ministre des Affaires sociales, chargée de la Protection de l’enfance et de la femme, Dre Armande Longo Moulengui. Dans son allocution, elle a rappelé que cette date constitue un moment privilégié pour mesurer les progrès accomplis, identifier les obstacles persistants et mobiliser davantage de ressources afin que chaque Gabonaise puisse être pleinement actrice de son destin et de celui de la Nation.

Sur le plan juridique, les avancées sont notables. La Constitution garantit désormais l’égal accès des femmes aux responsabilités. La loi n° 009/2016 encadre l’instauration de quotas dans les mandats électoraux et les postes supérieurs de l’État, tandis que la loi n° 006/2021 renforce la lutte contre les violences faites aux femmes, élargissant ainsi le champ de protection.

Le fossé entre les texte et la réalité

Mais entre les textes et leur application, le fossé demeure. La représentativité des femmes dans l’administration et les sphères décisionnelles reste en deçà de l’objectif de 30 %. «Combien de postes stratégiques sont effectivement occupés par des femmes ? Combien de voix féminines influencent réellement les décisions majeures ?», a interrogé la ministre, dénonçant des quotas parfois contournés ou relégués au second plan par des pratiques institutionnelles bien ancrées.

Le constat est similaire dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Malgré un arsenal législatif renforcé, les victimes continuent de se heurter à des obstacles multiples : silence, peur, stigmatisation ou complexité des procédures judiciaires. Pour Dre Longo Moulengui, l’enjeu ne réside plus seulement dans la production de lois, mais dans leur mise en œuvre effective. «Une loi qui ne transforme pas les pratiques ni ne modifie la place des femmes dans les espaces de décision demeure une promesse inachevée», a-t-elle insisté.

Au-delà des textes, c’est donc leur application concrète qui reste le véritable défi. Car l’égalité proclamée ne prend sens que lorsqu’elle se traduit dans la vie quotidienne des femmes et dans les lieux où se façonnent les décisions majeures.

Thécia Nyomba 

 
GR
 

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