Journées d’art contemporain : un plaidoyer pour l’art africain
L’art contemporain africain a désormais sa tribune à Libreville. Initiées par l’ambassade d’Espagne au Gabon, les Journées d’art contemporain se sont ouvertes le 4 juillet au ministère des Arts et de la Culture, avec l’ambition de questionner la création africaine, ses enjeux et sa place dans les dynamiques culturelles du continent.

Photo de famille à l‘issue de la journée. © D.R.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence de plusieurs personnalités diplomatiques, culturelles et universitaires, parmi lesquelles l’ambassadeur du Brésil au Gabon, Miguel Griesbach de Pereira Franco. Mais le temps fort de cette première journée a été l’intervention d’Elvira Dyangani Ose, commissaire d’exposition et directrice artistique de la 2e Biennale d’art public d’Abou Dhabi, invitée à partager sa lecture de l’art contemporain africain et de son avenir.

L’assistance. © D.R.
Rafael Chaves Beardo a présenté ces journées comme un cadre de réflexion privilégié sur les pratiques artistiques contemporaines, tout en insistant sur leur portée diplomatique et symbolique. Pour lui, l’art constitue aussi un levier de rapprochement entre les peuples, de dialogue interculturel et de circulation des idées.
Elvira Dyangani Ose a défendu une approche ouverte de l’art contemporain africain, loin des frontières géographiques ou des définitions figées. «L’art contemporain africain est tout ce qui se produit à l’intérieur du continent, mais aussi à l’extérieur, par des artistes issus du continent», a-t-elle expliqué. Une manière de rappeler que cette création se nourrit de l’histoire des sociétés africaines, de leurs héritages culturels, des réalités diasporiques et des imaginaires du futur.
Des politiques culturelles encore trop timides
Au-delà du regard esthétique, l’universitaire a surtout mis l’accent sur les défis structurels qui freinent encore le développement du secteur culturel en Afrique. Elle a plaidé pour un engagement plus affirmé des pouvoirs publics dans la mise en place de politiques culturelles durables, capables de soutenir les artistes, de structurer les filières et de consolider les institutions. «Nous avons besoin d’incorporer les gouvernements et la culture politique pour générer des structures, des institutions, des musées et des écoles capables de renforcer les compétences et de construire nos propres institutions», a-t-elle soutenu, appelant à un investissement accru dans les infrastructures culturelles et la formation.
La manifestation se poursuivra jusqu’au 7 juillet. Une table ronde et des rencontres artistiques sont prévues ce dimanche 5 juillet au Musée national, avant un échange, le lundi 6 juillet, avec les étudiants du département d’anthropologie de l’Université Omar-Bongo. Le rendez-vous s’achèvera mardi autour d’un dialogue consacré au panafricanisme et à la création contemporaine, sous le thème : «Panafricanisme : projeter une planète noire».
Thécia Nyomba















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