Kango : la route de l’enfer en plein centre-ville
À Kango, la route ne relie plus : elle punit. Circuler y relève désormais du parcours du combattant. Dans plusieurs quartiers de cette commune du Komo, en pleine province de l’Estuaire, les chaussées en lambeaux abîment les véhicules, ralentissent l’économie locale et usent la patience de populations qui attendent toujours une réponse des pouvoirs publics.

Un moment, en saison sèche, de la route à Kango, le 2 juillet 2026. © GabonReview
Nids-de-poule, crevasses, affaissements et portions de voie presque impraticables : le décor est désormais familier pour les habitants de cette localité située sur la Route nationale 1. En saison des pluies, la situation s’aggrave : certaines artères se transforment en bourbiers, qui ralentissent considérablement les déplacements et accentuent les risques d’accident.

Etat de la route du cimetière de kango. © GabonReview
Le tronçon reliant plusieurs quartiers de Kango, de Médza au Débarcadère, en passant par Cité, Angome et Venez-Voir, est régulièrement cité parmi les axes les plus dégradés. Pour de nombreux automobilistes et conducteurs de taxis, effectuer quelques kilomètres relève désormais du parcours du combattant. Les usagers dénoncent non seulement les lenteurs imposées par l’état de la chaussée, mais aussi les dommages répétés causés aux véhicules. «On est obligés de rouler au pas pour éviter d’abîmer davantage les voitures. À chaque passage, on a peur pour les amortisseurs ou les pneus», confie un conducteur rencontré sur place.
Même son de cloche chez les riverains, qui disent vivre au rythme de la poussière en saison sèche et de la boue pendant les pluies. «Quand il pleut, sortir de chez soi devient compliqué. Les motos glissent, les voitures s’enlisent parfois et les enfants ont du mal à aller à l’école», témoigne une habitante du centre-ville.
Un délabrement qui freine l’activité économique
Au-delà de l’inconfort, les habitants estiment que cet état de la voirie freine aussi l’activité économique locale. Les commerçants et transporteurs déplorent des retards dans l’acheminement des marchandises, une baisse de fréquentation de certaines zones et une hausse des frais d’entretien des véhicules. Pour une commune située sur un axe stratégique reliant Libreville à l’intérieur du pays, la question de la voirie apparaît ainsi comme un enjeu majeur de mobilité et de développement local.
Devant ce délabrement, les populations appellent à une intervention rapide des pouvoirs publics pour la réhabilitation des routes les plus endommagées. Elles espèrent que Kango pourra bénéficier de travaux durables, capables d’améliorer la sécurité, la circulation et les conditions de vie dans la commune.
À Kango, la dégradation avancée des routes n’est plus seulement un désagrément : elle est devenue le symbole d’un quotidien éprouvant pour des habitants qui attendent désormais des réponses concrètes.
Thécia Nyomba















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