Dix ans après les violences post-électorales de 2016 et un an après sa sortie de prison, Kelly Ondo Obiang annonce la publication de son premier ouvrage. Intitulé L’espoir doit mourir en dernier, cet essai-autobiographique, à paraître aux Éditions Filiga, revient, selon son auteur, sur une année de reconstruction personnelle et entend livrer une réflexion sur la résilience, la justice et la place du citoyen confronté à l’adversité.

L’espoir doit mourir en dernier est un «essai-autobiographique» à travers lequel Kelly Ondo Obiang entend dépasser le seul récit de son parcours pour proposer une réflexion plus large sur les conséquences de l’adversité (illustration). © GabonReview

 

Le 31 août 2026 n’a pas été pour Kelly Ondo Obiang une simple date anniversaire. Dix ans après les violences post-électorales de 2016, l’ancien officier a choisi cette journée de mémoire pour annoncer la publication de son premier livre, L’espoir doit mourir en dernier.

Dans un long message publié sur Facebook, celui qui fut condamné à 15 ans de prison pour son rôle dans la tentative de soulèvement militaire du 7 janvier 2019 explique avoir consacré l’année écoulée à l’introspection, à l’écriture et à la reconstruction.

«Cette année n’a pas été une parenthèse. Elle a été un labeur», écrit-il, évoquant une «année de combat silencieux» destinée à «survivre», à se reconstruire et à «reconquérir, pierre après pierre, ma dignité de citoyen».

Transformer l’épreuve en réflexion

Publié aux Éditions Filiga, L’espoir doit mourir en dernier est présenté comme un «essai-autobiographique». À travers cet ouvrage, Kelly Ondo Obiang entend dépasser le seul récit de son parcours pour proposer une réflexion plus large sur les conséquences de l’adversité.

«Ce livre n’est pas un témoignage de vengeance. C’est une contribution», affirme-t-il. Une contribution, précise l’auteur, «à la réflexion sur la résilience, sur la justice, sur la place du citoyen cabossé dans le corps social».

Le livre semble ainsi vouloir articuler expérience personnelle et réflexion citoyenne. Sur la quatrième de couverture, l’auteur insiste notamment sur la force intérieure permettant de continuer à avancer malgré «les ombres de la Vallée de la Mort».

L’ouvrage est également présenté comme un message destiné à la jeunesse africaine et à tous ceux que l’adversité aurait tenté de réduire au silence. «Je ne publie pas pour raconter ma peine. Je publie pour offrir une méthode», écrit encore Kelly Ondo Obiang, qui revendique une démarche consistant à transformer «l’épreuve en levier, l’injustice en exigence, et la survie en mission».

De la prison à la reconstruction

Cette annonce intervient un an après la libération de l’ancien lieutenant de l’armée gabonaise. Arrêté le 7 janvier 2019 après avoir pris, avec plusieurs militaires, le contrôle de la Maison Georges Rawiri à Libreville, il avait appelé à la mise en place d’un gouvernement de transition et exhorté les militaires à rejoindre le mouvement.

L’insurrection avait été rapidement contenue par les forces restées loyales au pouvoir. Kelly Ondo Obiang avait ensuite été condamné, en juin 2021, à 15 ans de prison par un tribunal militaire spécial.

Après le renversement d’Ali Bongo Ondimba, le 30 août 2023, une amnistie générale avait été adoptée. Kelly Ondo Obiang a finalement quitté la prison centrale de Libreville le 30 août 2025.

Un parcours qui confère à cette publication une portée particulière dans le débat public gabonais. L’ancien officier demeure une figure respectée dans une partie de l’opinion nationale. Certains observateurs ont d’ailleurs vu dans son acte de janvier 2019 un précédent ayant, à plusieurs égards, inspiré les militaires qui ont renversé Ali Bongo quatre ans plus tard. Une lecture qui ne constitue toutefois pas une équivalence entre les deux événements.

«L’espoir doit mourir en dernier»

Dans son message, Kelly Ondo Obiang revient également sur les violences du 31 août 2016, auxquelles il associe sa démarche éditoriale. Il rend hommage aux victimes et à leurs familles, saluant leur quête de «vérité, de justice et de réparation».

«Et si nos plus grands échecs, à la croisée des injustices, devenaient le socle de nos plus grandes victoires ?», interroge-t-il.

Le titre du livre résume finalement la philosophie revendiquée par l’auteur : faire de l’épreuve non pas une fin, mais le point de départ d’une reconstruction. «Si nous acceptons de regarder nos échecs en face, alors ils cessent d’être des tombes. Ils deviennent des fondations», écrit-il.

Les précommandes de L’espoir doit mourir en dernier sont ouvertes depuis le 31 août et jusqu’au 15 septembre 2026. La sortie en librairie est annoncée pour le 30 septembre.

 
GR
 

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