Après plus de dix années de crise marquées par des salaires impayés, des outils obsolètes et une perte progressive de ses activités face au numérique, la Poste gabonaise entre dans une phase de restructuration annoncée par le ministre Germain Biahodjow. Contrat de performance, réforme de la loi et nouvelles activités : l’État veut éviter l’effondrement définitif de l’entreprise publique.

Le gouvernement engage une réforme d’urgence face à une crise chronique de la Poste S.A. © D.R.

 

En difficulté depuis plus d’une décennie, la Poste gabonaise continue de s’enfoncer dans une crise structurelle profonde. Entre équipements devenus obsolètes, quasi-absence de moyens opérationnels, baisse drastique des activités traditionnelles et accumulation d’arriérés de salaires, l’entreprise publique peine à maintenir ses missions de service public dans un environnement fortement bouleversé par la transition numérique.

Face à cette situation jugée préoccupante, le ministre de la Communication et des Médias en charge de la Poste, Germain Biahodjow, a reçu lundi 11 mai 2026 à Libreville le collectif des agents de la Poste SA afin d’échanger sur les pistes de sortie de crise.

Au cours des échanges, le membre du gouvernement a annoncé la mise en œuvre prochaine d’un contrat de performance de six mois destinés à évaluer les capacités de redressement de l’entreprise et la responsabilité de ses futurs dirigeants. « Le gouvernement prendra toute la mesure souveraine, refaire la loi et mettre une équipe qui va rendre compte après six mois, en fait un contrat de performance », a déclaré Germain Biahodjow.

Revoir en profondeur le modèle économique

Le ministre a également insisté sur la nécessité pour la Poste de revoir en profondeur son modèle économique afin de s’adapter aux réalités du numérique, qui ont profondément transformé les usages postaux traditionnels. Selon lui, les services classiques, tels que les boîtes postales ou encore l’acheminement de certains colis, subissent désormais une forte concurrence des plateformes numériques et des services dématérialisés.

«La Poste ne peut plus faire comme avant. Il faut tenir compte du numérique parce que beaucoup d’activités ont pris un coup à cause du numérique. La boîte postale, le colis, ça là, ça se fait maintenant en ligne. Il faut regarder les activités novatrices de substitution», a-t-il expliqué, appelant à une diversification des activités pour garantir la survie de l’entreprise.

Du côté des agents, cette rencontre a été accueillie favorablement. Le collectif, conduit par Égide Louri, a salué l’écoute des autorités et les engagements pris par le gouvernement. Le porte-parole des agents a notamment remercié le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour l’attention accordée au dossier de La Poste.

Selon le collectif, le ministre aurait donné des garanties quant à une clarification rapide de la situation administrative et financière de l’entreprise dans les prochains jours. Le nouveau management attendu devrait s’appuyer sur davantage de rigueur dans la gestion, des objectifs mesurables et des profils jugés capables de conduire la relance d’une institution longtemps fragilisée par les difficultés structurelles et les mutations technologiques.

 
GR
 

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