Laboratoire P4 du CIRMF : l’heure de la remise à niveau ?
Réuni lundi 14 septembre à Libreville sous la conduite du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le gouvernement a examiné la situation du Centre international de recherche médicale de Franceville (CIRMF), avec un accent particulier sur l’état de vétusté de son laboratoire P4. Infrastructure stratégique pour la recherche sur les agents pathogènes à haut risque, celui-ci doit désormais être renforcé, sécurisé et étendu pour répondre aux exigences scientifiques et sanitaires actuelles.

L’entrée du siège du CIRMF. © D.R.
Le gouvernement entend donner un nouvel élan au laboratoire P4 du Centre international de recherche médicale de Franceville (CIRMF). Au cours d’une séance de travail tenue lundi 14 septembre à Libreville, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a réuni les différentes parties prenantes autour des enjeux liés au fonctionnement de cette infrastructure scientifique stratégique.
Le constat posé à l’issue des échanges est sans ambiguïté : le laboratoire P4, dédié notamment à l’étude d’agents pathogènes à haut risque, souffre d’une vétusté qui affecte sa capacité à fonctionner dans les conditions de sécurité et de performance requises.
«Le constat du laboratoire P4 est connu et partagé. Ce laboratoire est dans une situation de vétusté structurelle affirmée ; ce qui fragilise sa capacité à assurer ses activités dans des conditions de sécurité et de fonctionnalité requises», a reconnu Hermann Immongault.
Au-delà de la remise à niveau de l’existant, les autorités envisagent une transformation plus profonde du dispositif afin de l’adapter à l’évolution des technologies et aux nouveaux impératifs de santé publique.
Renforcer les capacités nationales
Pour la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo Epse Bivogou, l’enjeu consiste notamment à renforcer et sécuriser le laboratoire, mais aussi à accroître ses capacités. «Aujourd’hui, la technologie évolue. Il est donc important que nous puissions renforcer, sécuriser, mais surtout étendre ce laboratoire afin d’augmenter tout ce qui s’y fait en matière de diagnostic biologique», a-t-elle expliqué.
L’extension envisagée doit également permettre au P4 de mieux accompagner les autres structures nationales engagées dans la surveillance et la réponse aux menaces sanitaires. La ministre a notamment cité le Laboratoire national de santé publique ainsi que le Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), présenté comme la cellule de veille épidémiologique permettant au pays de riposter en cas d’épidémie.
La perspective est donc celle d’un dispositif davantage intégré, associant diagnostic, recherche, surveillance et réponse sanitaire. Une évolution jugée nécessaire alors que le Gabon doit pouvoir disposer de capacités nationales solides face aux maladies infectieuses émergentes, à l’image de la maladie à virus Ebola qui sévit actuellement au Congo.
Pour la ministre, la formation, la recherche et le développement de partenariats scientifiques constituent les principaux leviers pour assurer la performance et la pérennité du laboratoire P4.
Quel modèle pour le futur P4 ?
Mais la modernisation de l’infrastructure soulève également la question de sa gouvernance et de ses partenariats. Hermann Immongault a ainsi posé cinq interrogations devant permettre d’orienter la prochaine étape du dossier.
«Quelles sont les conditions techniques et scientifiques nécessaires pour garantir aujourd’hui la pérennité du dispositif P4 du Gabon ?», s’est d’abord interrogé le vice-président du gouvernement. Il a également appelé à déterminer les modalités d’un éventuel partenariat afin qu’il serve les intérêts du pays et assure «un véritable transfert de compétences au bénéfice de nos chercheurs et techniciens».
La préservation des partenariats historiques, les garanties en matière de gouvernance, de sécurité, de financement et de soutenabilité figurent également parmi les préoccupations soulevées. Dernière interrogation : «Quel doit être le positionnement de notre pays et quelle décision devons-nous prendre pour engager la prochaine étape de ce dossier ?»
Ces questionnements interviennent alors que le CIRMF semble amorcer une nouvelle dynamique scientifique. La semaine dernière, son Conseil scientifique, organe consultatif chargé d’orienter la stratégie de recherche et de veiller à la rigueur méthodologique des travaux, s’est réuni à Franceville.
Une réunion particulièrement significative, puisqu’elle intervenait après treize années d’interruption. De quoi nourrir l’ambition d’un repositionnement du CIRMF et, plus largement, d’un renforcement des capacités scientifiques du Gabon dans le domaine de la santé publique.
















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.