Le tribunal de première instance de Lambaréné a condamné les sept jeunes filles impliquées dans la violente agression d’une adolescente dont les images avaient suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux. Fait marquant de cette décision, la victime figure également parmi les condamnées. Toutes écopent de cinq mois d’emprisonnement ferme, d’une amende et devront indemniser solidairement la victime.

Les deux protagonistes pendant l’altercation. © Capture d’écran/Facebook

 

L’affaire de la bagarre filmée, qui avait profondément choqué l’opinion publique à Lambaréné, connaît son premier épilogue judiciaire. À l’issue de l’audience du 25 juin 2026, particulièrement suivie par la population au point que la salle d’audience était comble, le tribunal de première instance a condamné les sept jeunes filles poursuivies dans ce dossier à cinq mois d’emprisonnement ferme.

Parmi les condamnées figure également la jeune femme présentée comme la victime des violences. Les prévenues ont été reconnues coupables, selon les cas, de coups et blessures volontaires, de complicité de coups et blessures volontaires ainsi que de non-assistance à personne en danger. Elles devront chacune s’acquitter d’une amende de 24 000 francs CFA et verser solidairement 600 000 francs CFA de dommages et intérêts à la victime en réparation du préjudice subi.

Lors de ses réquisitions, la procureure de la République avait sollicité une peine de six mois d’emprisonnement ferme, estimant les faits particulièrement graves en raison de leur caractère prémédité et de la diffusion volontaire des images sur les réseaux sociaux.

Une rivalité amoureuse, un guet-apens organisé sur WhatsApp

Cette affaire trouve son origine dans un conflit sentimental alimenté sur les réseaux sociaux. En effet, les investigations ont établi qu’un premier groupe WhatsApp, baptisé « Ton gars, c’est mon gars » et regroupant près de 160 membres, servait de cadre aux échanges entre plusieurs jeunes filles. Les tensions apparaissent lorsqu’une jeune femme apprend qu’une autre participante entretiendrait une relation avec le père de son enfant.

Après avoir été contactée, cette dernière accepte de mettre fin à cette relation et présente même ses excuses. Une démarche qui ne suffit toutefois pas à apaiser les tensions.

Refusant ces excuses, la mère de l’enfant s’associe à la créatrice du premier groupe pour mettre sur pied un second espace de discussion intitulé « Règlement de comptes ». C’est dans ce groupe qu’est planifiée une rencontre au quartier Mbilandzambi, derrière Mika, à proximité du camp de police, dans le deuxième arrondissement de Lambaréné.

Le rendez-vous se transforme en expédition punitive. Plusieurs jeunes filles s’en prennent physiquement à la victime tandis que l’une d’elles est chargée de filmer toute la scène. Les images sont ensuite diffusées sur les réseaux sociaux dans le but de l’humilier publiquement, provoquant une vague d’indignation bien au-delà de Lambaréné.

Une procédure toujours en cours pour quatre mineures

Si ce premier jugement marque une étape importante dans ce dossier, la procédure n’est pas totalement achevée. Quatre autres personnes impliquées dans cette affaire, toutes mineures, font encore l’objet d’une instruction devant la juridiction compétente.

Cette décision de justice, qui sanctionne l’ensemble des protagonistes poursuivies, y compris celle présentée comme la victime des violences, illustre la volonté de la justice de retenir les responsabilités individuelles de chacune dans une affaire où les violences physiques se sont doublées d’une humiliation publique orchestrée sur les réseaux sociaux.

 
GR
 

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