Le Gabon épinglé dans le bilan régional de l’ONU sur l’Afrique centrale
Lors d’une présentation orale faite le mardi 9 juin 2026 par la Sous-Secrétaire générale pour l’Afrique, Martha Pobee, devant le Conseil de sécurité et relayée par le portail d’information officiel des Nations Unies, l’UNOCA cite le Gabon parmi les pays où l’espace civique se rétrécit, aux côtés du Tchad, du Cameroun et de la République du Congo.

Martha Pobee, sous-secrétaire générale Martha Pobee, le 9 juin 2026, lors de son devant le Conseil de sécurité sur la situation en Afrique centrale et les activités du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA). © un.org
Le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) a dressé, le 9 juin 2026, un état des lieux préoccupant de la sous-région devant le Conseil de sécurité. Si le rapport reconnaît des avancées institutionnelles dans plusieurs pays, il pointe simultanément une tendance lourde : le recul des libertés civiles et politiques. Le Gabon y figure en bonne place.
Présentatrice des conclusions de l’UNOCA, la Sous-Secrétaire générale pour l’Afrique, Martha Pobee, a averti d’«une tendance préoccupante à la multiplication des restrictions des droits civils et politiques » dans plusieurs parties de l’Afrique centrale. Pour le Gabon, trois griefs sont explicitement formulés : les restrictions d’accès aux réseaux sociaux, l’adoption d’une loi jugée controversée sur la nationalité, et la détention de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Billie-By-Nze.
Un tableau régional contrasté
L’UNOCA s’est gardé d’isoler le cas gabonais. Le rapport inscrit ces constats dans une dynamique régionale plus large, relevant des situations similaires chez ses voisins. Au Tchad, des condamnations de figures de l’opposition ont ravivé les tensions politiques. Au Cameroun, la prolongation des mandats de responsables élus suscite la contestation. En République du Congo, l’opposition continue de dénoncer les conditions du scrutin présidentiel de mars dernier.
Pris isolément, chacun de ces épisodes renvoie à des contextes nationaux distincts. Mais l’ONU y voit une tendance convergente : un rétrécissement progressif de l’espace politique dans une région qui cherche pourtant à consolider sa stabilité. Pour les Nations Unies, ce rétrécissement n’est pas seulement une question démocratique, il représente également un risque sécuritaire, susceptible d’éroder la confiance dans les institutions et de nourrir de nouveaux foyers de tension.
L’Afrique centrale sous pression multiple
Ce volet politique s’inscrit dans un tableau d’ensemble particulièrement chargé pour la sous-région. Le rapport de l’UNOCA consacre l’essentiel de son analyse aux crises sécuritaires et humanitaires : l’afflux massif de réfugiés soudanais au Tchad, la persistance des groupes armés dans le bassin du lac Tchad, le conflit séparatiste dans les régions anglophones du Cameroun, et la flambée épidémique d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo.
Dans ce contexte, la mention du Gabon aux côtés de pays en proie à des tensions bien plus aiguës constitue un signal diplomatique que les autorités de Libreville ne manqueront pas de relever.













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