À travers la remise d’équipements agricoles et halieutiques aux producteurs de Lébamba, la FAO et l’État gabonais accélèrent leur ambition de transformer la Ngounié en un pôle agricole d’excellence. Au cœur de cette stratégie : les femmes, les jeunes et les petits producteurs, appelés à devenir les acteurs majeurs de la sécurité alimentaire et du développement économique local.

La Première Dame Zita Oligui Nguema et deux des bénéficiaires, le 30 juin 2026 à Lébamba. © FAO

 

La ville de Lébamba a été, le 30 juin dernier, le point de convergence d’un engagement fort en faveur de la transformation du secteur agricole gabonais. Une délégation composée notamment de la Première Dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, du ministre de l’Agriculture, du ministre des Travaux publics, ainsi que du Coordonnateur du Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique centrale, a pris part à une cérémonie de remise d’un important lot d’équipements aux producteurs locaux.

Devant les autorités administratives, les élèves du lycée agricole de Lébamba, les organisations paysannes et plusieurs centaines de bénéficiaires, cette initiative a marqué une nouvelle étape dans la volonté commune de faire de la Ngounié un territoire agricole important. La présence de la Première Dame a également donné une dimension particulière à cette mobilisation, illustrant l’attention portée aux populations rurales, particulièrement aux femmes et aux jeunes, qui occupent une place centrale dans les programmes soutenus par la FAO.

Les femmes et les jeunes au cœur de la transformation

Cette action s’inscrit dans la vision portée par la FAO à travers son approche des «Quatre améliorations» : améliorer la production, la nutrition, l’environnement et les conditions de vie. Une démarche qui repose également sur un principe clé : ne laisser personne de côté. 

À Lébamba, cette orientation prend une forme concrète. Les petits producteurs, longtemps confrontés au manque de moyens techniques et matériels, bénéficient désormais de formations, d’un accompagnement de proximité et d’outils modernes destinés à améliorer leurs performances. L’objectif est de permettre aux femmes et aux jeunes de devenir des acteurs économiques autonomes, capables de contribuer durablement à l’approvisionnement alimentaire du pays.

La Ngounié, un potentiel agricole à révéler

Le choix de la Ngounié n’est pas anodin. Identifiée dans le cadre de l’initiative «Main dans la Main» de la FAO comme une province à fort potentiel agricole, elle dispose d’atouts considérables : des terres fertiles, un important réseau hydrographique et une population largement tournée vers les activités agricoles.

Avec près de 37 750 km² et plus de 47 000 personnes vivant de l’agriculture, la province pourrait devenir un véritable moteur de la production nationale. Mais plusieurs défis demeurent : manque d’équipements, difficultés d’organisation des producteurs et accès limité aux marchés. C’est pour répondre à ces obstacles que la FAO accompagne le Gouvernement gabonais dans le développement des filières porteuses et la diversification des revenus ruraux.

Former pour produire davantage

Instantané de la remise d’équipements agricoles. © FAO

Depuis plusieurs mois, des producteurs de Lébamba bénéficient de formations sur les techniques modernes de production agricole. Les enseignements portent notamment sur le maraîchage, les cultures vivrières, l’apiculture, la multiplication rapide des bananiers par la méthode PIF ou encore le micro-bouturage du manioc.

Les résultats commencent déjà à se faire sentir. Plus de 130 producteurs ont été formés, plusieurs hectares sont exploités selon de nouvelles méthodes et une dynamique locale autour de la production de miel commence à émerger avec l’installation de ruches.

Le lycée agricole de Lébamba participe également à cette transformation grâce à un site pédagogique mis en place avec l’appui de la FAO, permettant aux élèves de passer de la théorie à la pratique.

Des équipements pour changer l’échelle de production

La remise des équipements constitue une étape décisive. Les producteurs ont reçu notamment des motobineuses, tricycles, motopompes, tarières thermiques, tronçonneuses, des pulvérisateurs, des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte, équipements de protection, engrais organiques ainsi que du matériel destiné à la pêche artisanale.

Ces outils doivent permettre de réduire la pénibilité du travail, d’augmenter les rendements et d’améliorer les revenus des ménages agricoles.

La présence du ministre des Travaux publics souligne une réalité : le développement agricole dépend aussi des infrastructures. Sans routes adaptées, l’écoulement des productions reste difficile. Le désenclavement des zones agricoles apparaît donc comme une condition essentielle pour permettre aux producteurs d’accéder aux marchés et valoriser leurs récoltes.

Vers une agriculture plus forte et plus autonome

À travers ce partenariat, la FAO accompagne la vision des autorités gabonaises visant à renforcer la production locale, réduire la dépendance aux importations alimentaires et créer davantage d’emplois pour les jeunes.

L’expérience menée à Lébamba illustre une approche basée sur trois piliers : former, équiper et structurer. Une dynamique appelée à se poursuivre avec le renforcement des coopératives, le développement des chaînes de valeur et l’amélioration de l’accès au financement. À terme, l’ambition est de transformer le potentiel agricole de la Ngounié en une véritable source de prospérité pour les communautés rurales et un pilier de la souveraineté alimentaire du Gabon.

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment