La loi de finances rectificative (LFR) 2026 réduit de près de 74 % les crédits alloués au ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, faisant passer sa dotation de 74,2 à 19,3 milliards de FCFA. Cette coupe budgétaire suscite des interrogations sur la poursuite des programmes immobiliers de l’État. Les autorités assurent pourtant que des financements bancaires déjà mobilisés, complétés par des partenariats public-privé, permettront de maintenir les projets en cours. À voir.

Des logements en construction au Gabon. © D.R.

 

La réduction spectaculaire des crédits du ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre dans la loi de finances rectificative (LFR) 2026 alimente les interrogations sur l’avenir des programmes immobiliers de l’État. La dotation budgétaire du département passe de 74,2 milliards à 19,3 milliards de francs CFA, soit une baisse de près de 74 %. Malgré cet ajustement, le gouvernement affirme que les principaux chantiers seront poursuivis grâce à un changement de modèle de financement.

Selon les autorités, la baisse des crédits ne traduit pas un désengagement de l’État en faveur du logement, mais une réorientation de son mode d’intervention. Désormais, le financement des projets repose davantage sur les établissements bancaires, les opérateurs privés et les partenariats public-privé, afin de limiter la pression sur les finances publiques tout en garantissant la continuité des investissements.

À ce jour, deux financements bancaires majeurs ont déjà été mobilisés. Le premier concerne un prêt de 60 milliards de FCFA accordé par BGFI Bank à la Société nationale immobilière (SNI). Le second porte sur un financement de 28 milliards de FCFA obtenu par la SOBEG auprès de Coris Bank. Au total, 88 milliards de FCFA sont déjà disponibles pour accompagner les projets immobiliers, soit un montant supérieur à la réduction enregistrée dans le budget du ministère.

Les autorités indiquent en outre que des discussions sont engagées avec BGFI Bank afin de porter son concours financier à 100 milliards de FCFA. Si cette opération aboutit, les ressources mobilisées atteindraient 128 milliards de FCFA, hors financements issus des partenariats public-privé.

Un recours accru aux financements privés et aux PPP

Le ministère explique que cette nouvelle stratégie vise à réduire la dépendance des programmes immobiliers aux seules ressources budgétaires. Les financements bancaires doivent offrir davantage de visibilité dans l’exécution des chantiers, tandis que l’État entend concentrer ses crédits sur d’autres secteurs prioritaires, notamment la santé et l’éducation.

Cette évolution s’accompagne d’un renforcement de la sélection des opérateurs, de la structuration des montages financiers et du suivi des projets. Le gouvernement assure ainsi vouloir préserver le rythme des réalisations malgré la contraction des dépenses publiques.

Cette stratégie s’appuie également sur plusieurs projets déjà engagés avec des partenaires privés. Le groupe marocain ADDOHA a lancé en mai dernier un programme de 5 000 logements sociaux et économiques à Akanda, dont les premiers immeubles sont déjà en construction. Dans le Grand Libreville, Hong Men BTP poursuit également la réalisation de logements sociaux au PK27.

Parallèlement, la Société nationale immobilière a multiplié les partenariats avec des opérateurs locaux, contribuant à la relance de plusieurs chantiers et à la commercialisation d’une centaine de logements. Le ministère travaille également avec plusieurs promoteurs nationaux et internationaux afin d’élargir l’offre de logements.

Pour le gouvernement, la baisse de la dotation budgétaire ne constitue donc pas un coup d’arrêt aux ambitions du secteur. Elle traduit, selon lui, le passage à un modèle de financement davantage fondé sur les concours bancaires, les investisseurs privés et les partenariats public-privé, avec l’objectif de poursuivre les programmes immobiliers tout en maîtrisant l’impact sur les finances de l’État.

 
GR
 

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