À compter du mercredi 15 juillet 2026, la municipalité de Libreville engagera une vaste opération baptisée «Restauration de l’ordre urbain». Prévue pour s’étendre sur cinq mois dans les six arrondissements de la capitale, cette campagne vise notamment à débarrasser la ville des épaves de véhicules et à mettre fin à l’occupation anarchique des espaces publics. Si les autorités municipales affichent leur détermination à assainir durablement la capitale, de nombreux occupants des trottoirs attendent encore des solutions concrètes pour préserver leurs activités économiques.

Des commerçants occupant trottoirs et parking dans le 1er arrondissement de Libreville. © D.R.

 

Le maire de Libreville, Eugène M’ba, a présidé, le vendredi 10 juillet dernier à l’Hôtel de Ville, une réunion consacrée aux derniers préparatifs de l’opération «Restauration de l’ordre urbain», dont le lancement officiel interviendra ce mercredi 15 juillet. Autour de lui, autorités municipales, responsables des services techniques ainsi que représentants des forces de défense et de sécurité ont arrêté les modalités opérationnelles, logistiques et juridiques de cette campagne appelée à se déployer durant cinq mois.

À travers cette initiative, la municipalité entend renforcer la salubrité urbaine, fluidifier la circulation et améliorer le cadre de vie des habitants. «L’objectif est d’offrir aux Librevillois une ville plus propre, plus fluide et plus attractive», souligne la mairie, qui insiste sur sa volonté de restaurer durablement l’ordre dans la capitale.

Une opération d’envergure dans les six arrondissements

Selon les autorités municipales, les premières interventions concerneront l’enlèvement des épaves de véhicules abandonnées sur la voie publique. Les carcasses récupérées seront acheminées vers la fourrière provisoire de Betsaïda sous escorte des forces de défense et de sécurité.

Conformément aux dispositions réglementaires en vigueur, les propriétaires disposeront d’un délai légal pour réclamer leurs véhicules. Passé ce délai, les épaves non récupérées seront mises en vente aux enchères publiques.

Au-delà de la question des véhicules abandonnés, la campagne prévoit également la libération des trottoirs et des emprises publiques occupés de manière anarchique. La municipalité s’appuie notamment sur les textes relatifs à la décentralisation et à l’urbanisme pour justifier cette opération, présentée comme indispensable au rétablissement de l’ordre urbain.

Entre impératif d’assainissement et préoccupations sociales

Si la nécessité d’assainir Libreville ne fait guère débat, la perspective des déguerpissements suscite néanmoins des inquiétudes chez de nombreux petits commerçants et occupants du domaine public, pour lesquels ces espaces constituent souvent l’unique source de revenus.

Plusieurs voix appellent ainsi les autorités municipales à accompagner cette opération par des mesures concrètes de relocalisation économique. C’est le cas du Syndicat des débrouillards du Gabon (SDG) et de l’ONG Solidarité pour le Développement du Gabon (ONG-SDG) qui, lundi 13 juillet, sont montés au créneau. Leur principale préoccupation porte sur l’absence de marchés modernes et accessibles capables d’accueillir les milliers d’acteurs du secteur informel concernés par la campagne.

Pour ces occupants, la libération des trottoirs ne pourra produire des effets durables qu’à condition d’être assortie de solutions alternatives crédibles. Ils plaident notamment pour l’accélération des projets de construction ou de réhabilitation de marchés dans le Grand Libreville, afin d’éviter que l’opération ne se traduise par une aggravation de la précarité de nombreuses familles.

La municipalité attendue sur les mesures d’accompagnement

L’autre interrogation concerne les dispositifs d’accompagnement qui seront proposés aux personnes affectées par la campagne. Beaucoup espèrent que la mairie précisera rapidement les modalités prévues pour permettre aux commerçants concernés de poursuivre leurs activités dans un cadre légal et organisé.

Tout en réaffirmant la nécessité de lutter contre l’occupation désordonnée des espaces publics, les défenseurs des petits métiers estiment que l’assainissement de la capitale doit s’inscrire dans une approche plus globale, conciliant impératifs urbanistiques, développement économique et justice sociale.

À quelques heures du lancement officiel de l’opération «Restauration de l’ordre urbain», la municipalité de Libreville affiche sa détermination à transformer durablement le visage de la capitale. Reste à savoir si cette ambition s’accompagnera des réponses attendues par les milliers de personnes dont l’activité dépend encore aujourd’hui des trottoirs et autres espaces publics.

 
GR
 

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