Makokou : l’ANINF sort le numérique des bureaux et le met dans la rue
Deux espaces Wi-Fi publics, un dispositif d’enrôlement pour le permis de conduire digitalisé et l’infrastructure technique qui va avec : à Makokou, l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) a profité de la Fête de la Libération pour donner au numérique une existence très concrète. L’opération reste modeste à l’échelle du territoire, mais elle dit l’essentiel : la transformation numérique de l’État devra aussi se jouer loin de Libreville.

À Makokou, le permis digitalisé donne un visage concret au déploiement des services numériques dans l’arrière-pays. © Economiegabonplus
À Makokou, le numérique descend dans la rue. Pas sous la forme d’un nouveau portail administratif ou d’une application supplémentaire, mais à travers des équipements que les habitants peuvent directement utiliser. L’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) a installé deux espaces Wi-Fi publics à la Place de l’Indépendance et au stade Alexandre Sambat.
Déployés à l’occasion des activités entourant la Fête de la Libération, ces deux points d’accès permettent désormais de se connecter à Internet depuis deux lieux particulièrement fréquentés de la capitale de l’Ogooué-Ivindo. Une réalisation relativement simple en apparence, mais qui participe à l’extension des infrastructures numériques au-delà de Libreville. Car la bataille du numérique ne se gagne pas seulement à coups de plateformes et de services dématérialisés. Encore faut-il que les populations disposent des infrastructures leur permettant d’y accéder.
Le permis digitalisé prend aussi ses quartiers
À Makokou, l’intervention de l’ANINF ne s’est donc pas limitée au Wi-Fi public. L’agence a également déployé l’infrastructure nécessaire au fonctionnement d’un centre d’enrôlement pour les permis de conduire digitalisés.
Derrière la simplicité attendue pour l’usager se trouve toute une mécanique technique. Un réseau informatique local et une connexion Internet dédiée ont notamment été installés. L’environnement électrique a lui aussi été aménagé, avec des circuits spécifiques, des onduleurs et des régulateurs de tension destinés à protéger les équipements et à sécuriser leur alimentation.
Autrement dit, il ne s’agissait pas simplement de poser quelques ordinateurs et de les connecter à Internet. Les équipes techniques de l’ANINF, mobilisées pendant plusieurs semaines, ont dû mettre en place l’architecture permettant au dispositif de fonctionner de manière optimale.
Le numérique prend la route de l’intérieur
Ces installations donnent une traduction locale à une ambition plus large : étendre progressivement les infrastructures et les services numériques dans l’arrière-pays. Lors de l’Ivindo Economic Forum, organisé fin août à Makokou, le directeur général de l’ANINF, Alberto Mounguengui Moudoki, avait justement placé les infrastructures et l’inclusion numérique parmi les enjeux du développement des territoires.
Les équipements installés dans la capitale provinciale donnent désormais un contenu concret à cette orientation. D’un côté, deux espaces publics connectés ; de l’autre, une infrastructure permettant de rapprocher une démarche administrative digitalisée de ses usagers.
Ce n’est certes pas encore le grand basculement numérique de l’Ogooué-Ivindo. Mais à Makokou, le mouvement commence à prendre corps. Et, pour une transformation numérique longtemps racontée à travers les réseaux, les plateformes et les grands projets nationaux, la voir arriver jusque sur une place publique constitue déjà une manière de changer d’échelle.
















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