Le célèbre magazine panafricain annonce de bons résultats pour 2024. Son secret ? Miser sur la qualité de l’information et se diversifier intelligemment entre le numérique et l’organisation d’événements.

Affiches publicitaires du journal « Jeune Afrique » sur un mur du centre-ville de Kigali, au Rwanda en août 2018. © AFP – Jacques Nkinzingabo

 

Jeune Afrique Media Group clôture l’exercice 2024 sur une performance remarquable. Pour rappel, Jeune Afrique, son média phare, c’est ce magazine que vous voyez souvent dans les kiosques et sur Internet. Créé en 1960 à Tunis, il parle de l’actualité africaine : politique, économie, culture. En 2024, l’entreprise a gagné 30 millions d’euros, soit environ 20 milliards de francs CFA. C’est 6 % de plus qu’en 2023. Un beau résultat qui montre que le journal se porte bien.

Comment font-ils ? D’abord, ils ont décidé de faire moins d’articles, mais de meilleure qualité. Ils ont embauché des journalistes spécialisés : certains ne font que de l’économie, d’autres vérifient systématiquement les informations pour éviter les fausses nouvelles, c’est le fact-checking. C’est comme avoir des experts dans chaque domaine, plutôt que des généralistes.

Ensuite, ils vendent beaucoup d’abonnements aux entreprises. Les grandes sociétés, les cabinets d’avocats et les banques paient pour recevoir leurs analyses. Ces abonnements professionnels ont augmenté de 25 % en un an. Ils ont aujourd’hui 32 000 abonnés qui lisent le journal sur Internet.

Le site Internet marche également très bien : 3,2 millions de personnes le visitent chaque mois. Et parmi ces lecteurs, beaucoup sont des directeurs d’entreprise, des ministres ou des hauts cadres. Ce sont des gens importants qui prennent des décisions. Aujourd’hui, Internet représente 40 % de tout l’argent que gagne l’entreprise.

Jeune Afrique ne fait pas que du journalisme. Ils organisent aussi de grandes conférences où se rencontrent les chefs d’entreprise africains. L’Africa CEO Forum à Abidjan a réuni 3 000 dirigeants cette année. Il y a aussi l’Africa Financial Summit qui parle d’argent et de finance, et un nouveau programme appelé LEAD pour les fonctionnaires africains.

«Nous avons choisi de nous concentrer sur ce que nous faisons le mieux, plutôt que de nous éparpiller», explique Amir Ben Yahmed, le directeur général. La stratégie fonctionne : en misant sur la qualité de l’information et en diversifiant ses activités, Jeune Afrique reste le journal de référence pour tous ceux qui s’intéressent à l’Afrique. Un bel exemple de réussite dans un secteur où beaucoup de journaux ont du mal à survivre.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Mone fame dit :

    Nguema Mwane Bizima, Laurence N’Dong quoi ajouter après avoir consacrés dans vos différentes interventions l’appropriation légitime, par des intérêts nationaux de tous les pans de la vie politique et socio-économique de notre pays, que la primeur de toute actualité et en particulier celle relevant des institutions Présidence de la République et du Gouvernement, soit annoncée à l’international comme au plan national par les médias nationaux, lesquels verraient mécaniquement croître leurs auras, et sans doute nul leurs chiffres d’affaires, comme vanté sans mérite spécifique par le groupe francafricain « jeune-Afrique » très versé comme il est légion dans la surenchère-chantage-prédation et, parallèlement et incidemment votre rareté gérée auprès des médias extra nationaux valorisera davantage toute moindre sollicitation validée de votre part. Ça fait quasiment deux générations que le groupe fondé par Bechir Ben Yamehd se fait l’argent facile sous l’hémisphère sud en écumant les cabinets présidentiels, et ça continuera jusqu’à quand…?

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