Condamnée par contumace à 20 ans de prison en novembre 2025 par la justice gabonaise, aux côtés de son fils Noureddin Bongo Valentin, dans une affaire de corruption et de détournement de fonds publics, Sylvia Bongo Ondimba, visée par une procédure à Genève, continue de rejeter catégoriquement les accusations portées contre elle. Dans une déclaration rendue publique ce 2 juillet, accompagnée d’un communiqué de ses avocats, l’ancienne Première dame affirme que son patrimoine en Suisse ne provient d’« aucun fonds public gabonais » et assure qu’aucune preuve ne vient étayer les poursuites engagées à son encontre.

L’ancienne première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, en juillet 2023, quelques semaines avant son arrestation. © Facebook/SBO

 

Près de huit mois après sa condamnation par contumace à 20 ans de réclusion criminelle, Sylvia Bongo Ondimba maintient sa ligne de défense. Dans une déclaration publiée ce 2 juillet sur le réseau social X, l’épouse de l’ancien président Ali Bongo Ondimba affirme que ses avoirs personnels en Suisse ne sont issus d’aucun détournement de fonds publics et dénonce une procédure qu’elle estime dénuée de preuves.

« Mes économies ne proviennent d’aucun fonds public gabonais. Je l’affirme avec la même constance depuis le premier jour », écrit-elle en ouverture de sa déclaration. « À ce jour, aucune preuve n’établit que mon patrimoine provient d’un détournement de fonds publics. Aucun virement du Trésor public, aucun décaissement de l’État, aucune trace bancaire ne relie mes comptes, mes actifs ou mon patrimoine à des ressources publiques », poursuit-elle.

Une décision de procédure, selon ses avocats

Cette prise de parole intervient au lendemain d’une décision de justice en Suisse, sur laquelle ses conseils ont également communiqué. Dans un document signé par les avocats Benjamin Borsodi, Endri Gega et Paloma Croset, le cabinet Schellenberg Wittmer précise que la Cour de justice suisse « consacre uniquement un arrêt de procédure ».

Selon eux, cette décision « ne préjuge en rien de l’issue du fond du dossier » et repose uniquement sur les éléments soumis à ce stade de la procédure. Les avocats indiquent en outre que leur cliente « conteste avec la plus grande fermeté les accusations portées à son encontre » ainsi que les conditions dans lesquelles s’est tenu son procès par contumace au Gabon.

Ils assurent que Sylvia Bongo poursuivra les recours à sa disposition afin de faire valoir ses droits et de démontrer son innocence « dans le cadre d’une procédure respectueuse des garanties fondamentales du procès équitable ».

« La charge de la preuve incombe à l’accusation »

Dans sa déclaration, l’ancienne Première dame insiste sur le fait que les établissements bancaires concernés auraient effectué l’ensemble des vérifications imposées par les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux.

« Les établissements bancaires concernés ont (…) identifié l’origine des fonds, les bénéficiaires effectifs et validé les opérations conformément à leurs obligations », affirme-t-elle, estimant que des opérations déjà contrôlées « ne peuvent être requalifiées, des années plus tard, sur la seule base de soupçons ».

Sylvia Bongo soutient également que la procédure ouverte en Suisse résulte d’un signalement automatique du Bureau de communication en matière de blanchiment (MROS), intervenu après les accusations formulées au Gabon à la suite du changement de régime d’août 2023.

Elle rappelle enfin un principe qu’elle juge fondamental : « La charge de la preuve incombe à l’accusation ». « Ce n’est jamais à la personne poursuivie de démontrer son innocence. Il appartient à ceux qui accusent d’établir, par des preuves précises, objectives et incontestables, que les fonds seraient d’origine illicite », écrit-elle, avant d’ajouter : « À ce jour, une telle démonstration n’a jamais été apportée. »

Une condamnation toujours contestée

Dans son texte, Sylvia Bongo revient également sur les conditions de sa détention après le renversement du régime de son époux en août 2023. Elle affirme avoir été détenue durant vingt mois, dit avoir subi des actes de torture et des pressions destinées, selon elle, à lui faire signer des ordres de virement.

Elle indique par ailleurs que des éléments appuyant sa version des faits auraient été versés dans une procédure ouverte en France, évoquant une enquête portant sur des faits qu’elle qualifie de « crimes contre l’humanité ».

Ces déclarations n’ont toutefois aucune incidence sur la condamnation prononcée par la justice gabonaise en novembre 2025. À l’issue d’un procès tenu par contumace, Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin ont été reconnus coupables de plusieurs infractions, notamment liées à la corruption et au détournement de fonds publics, et condamnés chacun à vingt ans de prison. Ils continuent, depuis lors, de contester les accusations et de revendiquer leur innocence.

 

 
GR
 

1 Commentaire

  1. De Kermadec dit :

    C’est l’histoire du voleur qui court devant tout le monde en criant »au voleur » pour essayer de se dédouaner et, autre choses, tout le monde sait que les avocats de ces tristes sir vont crier au scandale même s’ils sont au courant que leur client est le pire escroc de la terre tant que ce dernier leur rempli la poche

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