Accusé par plusieurs de ses collègues d’avoir eu recours à des pratiques de sorcellerie dans le cadre d’une rivalité commerciale, un commerçant camerounais de 53 ans fait l’objet d’une information judiciaire à Franceville. Placé en liberté provisoire à l’issue de sa présentation devant le juge d’instruction, il suscite l’inquiétude de plusieurs commerçants du marché municipal de Moanda, qui disent désormais exercer leurs activités dans un climat de crainte.

Une vue de l’intérieur du plus grand marché de Moanda (illustration). © capture décran/YouTube

 

Une affaire aussi sensible qu’inhabituelle secoue depuis plusieurs semaines le marché municipal de Moanda, dans la province du Haut-Ogooué. Au cœur de cette procédure judiciaire, un commerçant camerounais de 53 ans, spécialisé dans la vente de livres et de fournitures scolaires, est poursuivi à la suite de plaintes déposées par plusieurs de ses confrères, lesquels l’accusent d’avoir eu recours à des pratiques occultes pour nuire à ses concurrents.

Selon les informations rapportées par le quotidien L’Union, cette affaire trouverait son origine dans une rivalité commerciale. Les plaignants soutiennent que le mis en cause supportait difficilement la présence d’autres vendeurs proposant les mêmes articles que lui, estimant que cette concurrence affectait directement son chiffre d’affaires.

Des accusations de recours à un féticheur

Les plaignants affirment que le commerçant aurait récupéré les photographies de deux de ses collègues avant de se rendre au Congo voisin afin de consulter un féticheur. Un témoin aurait assisté à cette scène et aurait ensuite alerté les personnes concernées.

Avant que l’affaire ne soit portée devant la justice, une tentative de règlement à l’amiable aurait été organisée sous l’égide de la présidente de la communauté camerounaise de Moanda. D’après plusieurs témoignages cités par L’Union, le commerçant aurait, dans un premier temps, reconnu les faits qui lui étaient reprochés avant de revenir sur ses déclarations devant le magistrat instructeur, contestant finalement l’ensemble des accusations portées contre lui.

Une enquête judiciaire en cours

À l’issue de cette médiation infructueuse, deux commerçants ont déposé plainte auprès de la brigade de gendarmerie de Moanda. Interpellé, le suspect a ensuite été présenté devant le juge d’instruction près le tribunal de première instance de Franceville, lequel a ouvert une information judiciaire afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

Parallèlement, deux nouvelles plaintes auraient été adressées au procureur de la République. L’une des plaignantes affirme notamment avoir été victime d’un « fusil nocturne », des faits qu’elle attribue au mis en cause et qui devront être vérifiés dans le cadre de l’enquête.

La liberté provisoire alimente les inquiétudes

En attendant les conclusions de l’instruction, le commerçant a été remis en liberté provisoire. Une décision qui ne rassure pas ses collègues du marché municipal de Moanda.

Selon plusieurs commerçants, cette remise en liberté entretient un climat de peur et de tension. Certains disent redouter d’éventuelles représailles susceptibles d’affecter leurs activités, leur santé ou celle de leurs proches. D’autres préfèrent observer une certaine réserve, tout en appelant à laisser la justice établir les responsabilités.

L’enquête devra désormais déterminer la réalité des faits dénoncés et établir si les accusations formulées contre le commerçant reposent sur des éléments suffisamment probants pour justifier d’éventuelles poursuites devant une juridiction de jugement.

 

 
GR
 

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