Réunies à Koulamoutou à l’occasion d’un atelier de restitution, les associations communautaires de chasse du département de Mulundu ont présenté les résultats de leur troisième année d’activités dans le cadre du Programme SWM Gabon. Entre gouvernance locale, traçabilité de la viande de brousse et formalisation de la chasse villageoise, les avancées sont significatives, même si le défi de l’autonomie financière demeure.

La restitution auprès du gouverneur de l’Ogooué Lolo, le 24 juillet 2026. © D.R.

 

Les associations communautaires de chasse du département de Mulundu, dans la province de l’Ogooué-Lolo, ont dressé le bilan de leurs activités menées au cours de la troisième année de la deuxième phase (2023-2028) du Programme de gestion durable de la faune sauvage (SWM). Organisé du 22 au 24 juillet 2026 à Malende, Ndambi et au gouvernorat de Koulamoutou, l’atelier de restitution a permis de présenter les principaux résultats obtenus grâce à l’accompagnement de la Direction générale de la Faune et des Aires protégées (DGFAP), du CIRAD et de leurs partenaires, notamment la FAO, le CIFOR-ICRAF et la WCS.

Durant l’année écoulée, les dix associations communautaires de chasse de Mulundu ont renforcé leurs actions en faveur d’une gestion durable de la chasse villageoise. Elles ont assuré le suivi participatif des prélèvements de gibier, collecté des données biologiques utiles à la surveillance des risques de maladies zoonotiques et consolidé leur organisation interne. Elles ont également contribué aux travaux de la Plateforme départementale de chasse de Mulundu, un cadre de concertation réunissant communautés, chasseurs, administration et partenaires techniques pour améliorer la gouvernance de la filière.

Quelques moments de la restitution. D.R.

L’une des principales innovations de cette année reste l’expérimentation du système de traçabilité de la viande de brousse, déployé entre avril et juin 2026. Ce dispositif a mobilisé 97 acteurs, dont 84 chasseurs, cinq commerçants et huit contrôleurs. Grâce à l’utilisation de carnets de chasse, de registres de commercialisation, de bracelets d’identification, surnommés localement «passeports du gibier», ainsi que d’une application numérique, 207 animaux ont été enregistrés et suivis lors de 88 opérations de contrôle. Cette initiative constitue une étape importante vers une meilleure maîtrise des circuits de commercialisation et une distinction plus claire entre les produits issus de la chasse légale et ceux provenant d’activités illicites.

Les échanges ont également mis en évidence les progrès réalisés dans la formalisation de la chasse villageoise. Dans l’Ogooué-Lolo, le nombre de permis de petite chasse délivrés est passé de 23 en 2024 à 147 en 2025, avec déjà 80 permis enregistrés en 2026. Malgré ces résultats encourageants, les partenaires du Programme SWM soulignent que les associations restent encore fortement dépendantes des financements extérieurs. Les deux dernières années du programme seront donc consacrées au renforcement de leur autonomie financière, au développement d’activités génératrices de revenus et à la consolidation des acquis. En parallèle, les recherches menées avec l’IRET et le CIRMF se poursuivent dans le cadre du projet ZOOSURSY afin de renforcer l’approche «Une Seule Santé» et d’améliorer la prévention des risques sanitaires liés aux interactions entre l’homme, les animaux domestiques et la faune sauvage. Selon la DGFAP, ces résultats démontrent le rôle essentiel des communautés locales dans la gestion durable de la faune et ouvrent la voie à une pérennisation des actions engagées au-delà du Programme SWM.

 
GR
 

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