«Entre le chef et les populations, il y a de l’ombre au milieu», estime Ella Nguema Gérard, président du Front patriotique gabonais (FPG). Pour la dissiper, son mouvement a lancé, le 31 octobre 2026, sa caravane nationale « La parole au peuple », depuis Nkogue-Adza, localité du Grand Libreville où l’accès à l’eau, à l’électricité, à l’éducation et aux soins demeure précaire.

‎Les membres du FPG lors du lancement de la caravane. © D.R

 

Portée par le FPG, la caravane « La parole au peuple » vise à rétablir un lien direct entre le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et les populations qui l’ont porté à la tête de l’État avec, selon le mouvement, plus de 94 % des suffrages. Autrement dit : recueillir les préoccupations exprimées sur le terrain et les faire remonter directement à la présidence.

‎Vue partielle des populations de Nzeng-Ayong, village encore appelée Nkogue-Adza. © D.R

Pour le président du mouvement, il est temps que le chef de l’État dispose d’un son de cloche qui ne soit pas édulcoré par les canaux intermédiaires. « J’ai pensé qu’au regard de l’évolution qu’imprime le président de la République, il était important aussi qu’il commence à avoir directement le son de cloche qui vient des populations. S’ils sont satisfaits ou s’il y a besoin d’accélérer un peu plus », a-t-il expliqué.

Court-circuiter les intermédiaires

Selon Ella Nguema Gérard, « entre le chef et les populations, il y a de l’ombre au milieu ». Une situation que cette caravane entend corriger. « Ce sont ces populations qui l’ont élu à plus de 94 %. Et ces populations, pour certains, en grande partie, ont encore besoin vraiment qu’il fasse du social son fer de lance. Parce que comme vous venez de le constater, l’eau, le courant, l’école, l’hôpital, tout est sur la table », a-t-il poursuivi.

Dans cette perspective, il évoque la mise en place d’un mécanisme de démocratie plus directe, sur le modèle d’un dispositif « Allô monsieur le président », qui permettrait aux populations de s’adresser directement au chef de l’État, sans intermédiaire.

Un calendrier qui court jusqu’en décembre

Lancée le 31 octobre, la première phase de la caravane doit sillonner les localités du Grand Libreville jusqu’à la fin du mois de décembre 2026. À partir de janvier 2027, le mouvement envisage d’étendre cette initiative aux cinq arrondissements de la capitale, puis à l’intérieur du pays.

Les préoccupations recueillies lors de ces descentes de terrain seront consignées dans un mémorandum destiné au président de la République. Le document devrait notamment présenter les localités concernées, les difficultés constatées, ainsi que les preuves et témoignages collectés auprès des populations.

Plusieurs doléances au quartier enclavé Nkogue-Adza

Lors du lancement, l’honorable Adrien Mendene Ella, notable et figure locale de Nkogue-Adza, a également tenu à exposer les difficultés auxquelles les habitants sont confrontés. Pour lui, la présence du FPG constitue une occasion de relancer des doléances déjà adressées aux autorités, mais restées sans suite durable. « C’est pour nous une opportunité de nous rapprocher d’une autre manière. Parce que nous avons adressé des lettres et il a réagi aussitôt, surpromptement. Et après, il y a eu un délaissement qui nous a un peu découragés. Mais quand quelqu’un revient sur ce relais pour nous assurer qu’il peut nous relancer, c’est une opportunité », a-t-il confié.

Les besoins évoqués concernent principalement les infrastructures et les services sociaux de base. « Ici à Nkogue-Adza, principalement, on a besoin de la route, on a besoin de l’électricité, on a besoin d’eau, on a besoin d’école, on a besoin d’un point de santé. Principalement, ce sont les préoccupations de Nkogue-Adza », a martelé l’honorable.

Il déplore également l’insuffisance des infrastructures scolaires publiques dans cette partie du Grand Libreville, aussi appelée Nzeng-Ayong village. « Nous sommes sauvés par des initiatives privées. La seule école publique aux environs ici, c’est l’école publique de Dragages. L’environnement de Dragages compte à peu près 30 quartiers, avec une seule école publique. Et le plus souvent, quand vous arrivez une semaine après la rentrée administrative, on vous dit qu’il n’y a plus de place », a-t-il regretté.

La caravane du FPG devrait se poursuivre dans les prochains jours dans d’autres quartiers du Grand Libreville. À terme, ses initiateurs entendent faire remonter auprès d’Oligui Nguema les difficultés vécues par les populations, notamment dans les zones où l’accès aux services sociaux de base reste limité.

Thécia Nyomba

 
GR
 

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