Six ans après l’arrêt des activités de Corail-Construction-Équipements, ex-Soco BTP, 116 anciens agents affirment être toujours dans l’attente du règlement de leurs droits sociaux. Réunis depuis quelques jours devant l’un des bâtiments qu’ils ont construits sur le Boulevard Triomphal, à proximité de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), ils sollicitent l’intervention du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour un dossier qu’ils estiment bloqué malgré plusieurs démarches administratives.

Quelques ex-agents de Corail-Constructions-Équipements au piquet de grève, le 17 septembre 2026, pour réclamer le paiement de leurs droits sociaux. © GabonReview

 

Le mouvement d’humeur des anciens agents de Corail-Construction-Équipements traduit une situation qui perdure depuis 2019. Selon l’un des porte-paroles, Jérémie Atidokpo, rencontré le 17 septembre, la cessation d’activité de l’entreprise avait été suivie de la signature d’un protocole d’accord de rupture avec les travailleurs et de plusieurs démarches auprès des autorités. Les anciens employés indiquent réclamer un peu plus de 2 milliards de FCFA au titre de leurs droits sociaux, sur une dette globale liée à l’entreprise qu’ils évaluent à environ 4 milliards de FCFA. 

«Cela fait depuis 2019 que la société Corail-Construction-Équipements a été en cessation d’activité», rappelle Jérémie Atidokpo, qui affirme que les documents nécessaires à la reconnaissance de leurs créances ont été établis.

Depuis 2023, les anciens salariés disent avoir multiplié les démarches auprès des services compétents afin d’obtenir le règlement de leurs droits. Jérémie Atidokpo évoque notamment des échanges avec l’Inspection du travail, la Task Force et les services chargés de la dette, ainsi que l’intervention du mandataire de l’entreprise, Léonce Mbougounou. «Nous avons l’attestation de créance, nous possédons le procès-verbal des travaux exécutés», affirme le porte-parole, estimant que leur dossier dispose désormais des pièces nécessaires à son traitement. Les ex-agents disent toutefois ne pas avoir obtenu, à ce jour, de calendrier précis concernant le paiement.

Des bureaux sont transformés en lieux d’habitation

Aperçu du piquet de grève sur le Boulevard Triomphale. © GabonReview

Au-delà du contentieux financier, les anciens travailleurs mettent surtout en avant les conséquences sociales de cette attente prolongée. Jérémie Atidokpo affirme que certains collègues sont décédés, tandis que d’autres feraient face à des difficultés liées au logement, à la scolarité des enfants ou encore à la prise en charge de problèmes de santé. «Nous avons des collègues qui sont décédés. Nous avons des enfants qui ont eu des diplômes. Par faute de moyens, nous ne pouvons pas les inscrire», témoigne-t-il. Selon lui, certains anciens employés seraient même contraints de transformer des bureaux en lieux d’habitation faute de pouvoir assumer leurs loyers.

Face à cette situation, les 116 anciens agents interpellent directement le chef de l’État. Jérémie Atidokpo dit vouloir croire à une issue favorable, notamment après l’annonce, par les autorités, de mesures destinées au règlement d’une partie de la dette intérieure. «Nous sollicitons sa clémence. Nous lui demandons […] qu’il s’investisse personnellement dans ce dossier pour régler une fois pour de bon cette vie de précarité», plaide-t-il. 

Même appel du côté d’Huguette Abessolo, ancienne employée de Corail-Construction-Équipements: «Nous sommes des pères et des mères de famille. Depuis six ans, nous réclamons la justice. Depuis six ans, nous avons besoin de notre argent. Nous vous demandons pardon. Faites-nous justice». À travers leur mouvement, les anciens salariés espèrent désormais qu’une intervention permettra de débloquer leur dossier et de mettre fin à six années d’attente.

 
GR
 

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