Observatoire des inégalités, plan contre les discours de haine : ce que le Gabon a défendu à La Haye
Un observatoire des inégalités et un plan d’action national contre les discours de haine : pour passer des déclarations de principe aux résultats mesurables, le Gabon dit miser sur ces deux leviers. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, a défendu cette approche le 29 octobre à La Haye, aux Pays-Bas, au 5ᵉ Forum mondial de l’Unesco contre le racisme et les discriminations, où il a réaffirmé le soutien du Gabon à l’Alliance mondiale de l’organisation.

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, s’exprimant lors du 5e Forum mondial de l’Unesco contre le racisme et les discriminations à La Haye. © D.R.
Placé sous le thème « De l’engagement à la redevabilité : changer le système, changer l’avenir », le 5ᵉ Forum mondial de l’Unesco contre le racisme et les discriminations, organisé à La Haye, a donné au ministre gabonais de la Justice, Garde des Sceaux, Augustin Emane, l’occasion de porter la voix de son pays et de réaffirmer son soutien à l’Alliance mondiale de l’organisation. « Dépasser la phase des déclarations de principe pour soumettre les politiques publiques des États respectifs à l’épreuve des faits, de la transparence et de la mesure » constitue, en substance, l’exigence portée par Libreville.
Cette ambition s’inscrit dans la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2025-2034), articulée autour de la triade « Reconnaissance, justice, développement ». Pour traduire les principes constitutionnels d’égalité en politiques, le Gabon mise sur deux axes complémentaires. Le premier est l’Observatoire des inégalités, chargé d’auditer les structures, de collecter des données fiables et d’évaluer l’impact des politiques d’inclusion. Une enquête nationale doit notamment cartographier les disparités socioéconomiques afin de mieux orienter l’accès des populations vulnérables et autochtones à la citoyenneté, à l’éducation et à la justice.
Le second levier repose sur un plan d’action national contre les discours de haine, combinant prévention, sanctions et déconstruction des stéréotypes dans les programmes scolaires. Devant les délégations, Augustin Emane a également rappelé que « la Constitution garantit la cohésion d’une société où cohabitent plus d’une cinquantaine de communautés ». Une démarche qui vise à faire de la diversité un facteur d’inclusion et de stabilité, au-delà des engagements diplomatiques. Il a par ailleurs exhorté les membres du segment de haut niveau à faire de la diversité humaine le ciment d’un monde plus juste et plus fraternel. « Le Gabon prend ses responsabilités devant l’histoire et il se tient prêt à œuvrer à vos côtés », a-t-il assuré.

















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