«On peut combattre une politique sans combattre une famille» : trois partis recadrent Lanlaire
Trois formations politiques proches de l’Exécutif ont vivement dénoncé, ce mercredi 12 août à Libreville, les propos jugés «injurieux, outrageants et parfois profondément haineux» tenus ces derniers temps à l’encontre du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, de son épouse, de sa mère, de son père, ainsi que d’autres personnalités. La déclaration commune a été lue par David Mbadinga, président de l’Union des patriotes gabonais loyalistes (UPGL), est également portée par Paskhal Nkoulou, président du Bloc démocratique populaire (BDP), et par Florentin Moussavou, président de Conscience et action citoyenne (CAC). Sans remettre en cause le principe de la liberté d’expression, les trois leaders politiques ont, ainsi, réagi aux sorties de l’activiste Anges Landry Mbeng, dit Lanlaire, qu’ils considèrent comme une illustration de la dégradation du débat public.

Les leaders de l’UPGL, du BDP et du CAC lors de leur déclaration commune, le 12 août 2026, à Libreville. © GabonReview
À Libreville, trois responsables de partis politiques proches du pouvoir ont élevé la voix, le 12 août, pour dénoncer avec force les propos injurieux et diffamatoires tenus par l’activiste Anges Landry Mbeng, plus connu sous le pseudonyme de «Lanlaire», à l’encontre du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que de son épouse, la Première dame Zita, de sa mère et d’autres personnalités. Dans une déclaration commune lue par David Mbadinga, président de l’Union des patriotes gabonais loyalistes (UPGL), et signée également par Paskhal Nkoulou, président du Bloc démocratique populaire (BDP), et Florentin Moussavou, président du parti Conscience et action citoyenne (CAC), les trois leaders appellent à la responsabilité citoyenne et au respect des institutions, à l’avant-veille du 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon.
Dans leur déclaration intitulée «La République, le citoyen et les institutions», les signataires ont tenu à établir une distinction entre la critique politique, qu’ils jugent légitime dans une démocratie, et l’injure ou la diffamation. «Dans une République, le président peut être critiqué ; son action peut être contestée ; ses décisions peuvent être discutées et même combattues politiquement», ont-ils rappelé, avant de faire savoir qu’«il existe une différence fondamentale entre la critique et l’injure, entre l’opposition et la haine, entre l’interpellation citoyenne et l’attaque personnelle». Pour eux, la liberté d’expression ne saurait constituer un blanc-seing pour s’affranchir des responsabilités liées à l’exercice de la citoyenneté et au respect des institutions.
«Réapprenons à débattre sans nous détruire. Réapprenons à nous opposer sans nous haïr»
La déclaration a également insisté sur la nécessité de préserver la famille des responsables publics des affrontements politiques. «On peut combattre une politique sans combattre une famille. On peut contester un président sans insulter sa mère. On peut s’opposer à un gouvernement sans humilier son épouse», ont indiqué les signataires de cette déclaration. Ils estiment par ailleurs que la banalisation des invectives sur les réseaux sociaux contribue à «dégrader le débat national», à nourrir les divisions et à fragiliser la confiance dans les institutions. Tout en condamnant ces dérives, les trois partis ont reconnu que les frustrations et les difficultés sociales doivent pouvoir être exprimées et entendues, relevant que le respect ne doit jamais empêcher la critique constructive.
À quelques jours de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance, les trois formations ont appelé à replacer le débat politique dans une logique de responsabilité, de paix et de cohésion nationale. «Réapprenons à débattre sans nous détruire. Réapprenons à nous opposer sans nous haïr», ont-elles exhorté, soulignant que les dirigeants comme les opposants sont appelés à passer, tandis que «la République demeurera». Leur déclaration se veut donc un appel à la retenue et au civisme, dans un contexte où la liberté d’expression, l’exigence de responsabilité et le respect des institutions continuent de structurer le débat public au Gabon.















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