À l’issue des travaux de la Commission nationale d’orientation en 6e, le gouvernement a considérablement réduit le nombre d’élèves qui seront orientés vers les établissements privés. De près de 18 000 au lancement des travaux, ce chiffre est ramené à moins de 3 000. Une décision qui devrait toutefois entraîner des effectifs plus importants dans plusieurs établissements publics, en attendant la mise en service de nouvelles infrastructures. Les familles connaîtront les établissements d’affectation de leurs enfants avant la rentrée administrative 2026-2027, fixée au lundi 31 août.

Des élèves dans une salle de classe au Gabon. © D.R.

 

Réunie jusqu’au mardi 28 juillet au ministère de l’Éducation nationale, à Libreville, la Commission nationale d’orientation en 6e a bouclé ses travaux sur une annonce majeure : moins de 3 000 élèves seront finalement orientés vers les établissements secondaires privés. Un chiffre largement inférieur aux estimations initiales qui faisaient état d’environ 18 000 élèves concernés.

« Au début des travaux, nous avions à peu près 18 000 élèves à orienter. Aujourd’hui, nous sommes à un peu moins de 3 000 », a déclaré la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq. Selon elle, cette réduction répond à la volonté du gouvernement de limiter le recours au secteur privé, dont les frais de scolarité représentent une charge importante pour les familles comme pour les finances publiques.

Les parents informés avant la rentrée

Si les travaux de la commission sont achevés, les résultats des orientations ne seront publiés qu’après la proclamation des résultats du second tour du baccalauréat. La ministre a toutefois tenu à rassurer les parents d’élèves sur le calendrier.

« Les parents seront informés avant la rentrée administrative », a-t-elle assuré, rappelant que le traitement des données d’orientation reste soumis à des contraintes techniques. La rentrée administrative 2026-2027 est fixée au lundi 31 août 2026 pour l’ensemble des établissements publics et privés du pays.

Cette annonce est particulièrement attendue par des milliers de familles qui pourront ainsi connaître suffisamment tôt l’établissement d’affectation de leurs enfants avant le démarrage de la nouvelle année scolaire.

Des classes plus chargées en attendant les nouveaux établissements

Un moment de la séance de travail avec des membres de la Commission nationale d’orientation en 6e, dont la ministre d’Etat. © L’Union

La forte diminution des orientations vers le privé ne résout cependant pas la question de fond : celle des capacités d’accueil des établissements publics. Dans l’Estuaire, l’Ogooué-Maritime ainsi qu’à Franceville, dans le Haut-Ogooué, plusieurs infrastructures scolaires sont encore en chantier.

« Nous avons donc pensé à orienter d’abord les enfants dans les établissements existants », a expliqué Camélia Ntoutoume-Leclercq.

Cette stratégie aura une conséquence immédiate : une hausse des effectifs dans de nombreuses classes au cours du premier trimestre. « Les effectifs par classe seront donc plus importants durant le premier trimestre, avant une réorientation des élèves vers les nouvelles infrastructures attendues d’ici la fin de l’année », a précisé la ministre d’État.

Le gouvernement mise ainsi sur l’ouverture progressive de nouveaux établissements pour absorber les flux d’élèves et desserrer la pression qui s’exercera, dès la rentrée, sur plusieurs collèges publics.

L’éducation inclusive également au programme

Au-delà des orientations classiques, la Commission nationale recommande également de renforcer l’éducation inclusive. Le ministère prévoit l’expérimentation d’établissements pilotes capables d’accueillir les élèves à besoins éducatifs particuliers dans les principales communes de l’Estuaire, avant un déploiement progressif dans les autres provinces.

Reste que, malgré la baisse spectaculaire du nombre d’élèves dirigés vers le privé, la problématique des infrastructures scolaires demeure entière. Chaque rentrée scolaire rappelle les limites des capacités d’accueil du secteur public, contraint d’absorber des effectifs toujours plus importants. Au-delà des annonces, le défi reste celui de la construction de nouveaux établissements et de l’augmentation durable de l’offre de salles de classe afin d’en finir avec les classes surchargées et de réduire, à terme, le recours coûteux aux établissements privés.

 
GR
 

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