Pascal Ogowé Siffon recouvre la liberté «conditionnelle»
Six mois et demi après son placement sous mandat de dépôt, Pascal Ogowé Siffon a quitté la prison centrale de Libreville. L’ancien ministre du Tourisme et de l’Artisanat, poursuivi pour détournement de fonds publics, bénéficie d’une liberté provisoire assortie de conditions. Une mesure qui s’étend à ses collaborateurs écroués dans le même dossier.

Pascal Ogowé Siffon, sénateur et ancien ministre du Tourisme, bénéficie désormais d’une liberté provisoire. © GabonReview
C’est un rebondissement dans l’une des procédures judiciaires les plus suivies de ces derniers mois. Pascal Ogowé Siffon, écroué depuis le 25 décembre 2025, a recouvré la liberté, a d’abord appris GabonReview de sources familiales, dont celle de Christian Johnson Ogoula, directeur de cabinet de l’ancien ministre, emprisonné dans la foulée de cette affaire. La remise en liberté de ce dernier emporte, selon les mêmes sources, celle des autres collaborateurs interpellés dans le cadre de ce dossier.
Sollicité par GabonReview, Me Jean Paul Moubembé, qui défend l’ancien membre du gouvernement aux côtés de Me Jules Obiang et Me Herbert Mbovia, a confirmé du bout des lèvres : «Liberté provisoire conditionnée». Rien de plus. Ni sur les obligations imposées à son client, ni sur la suite de la procédure.
Plus de 10 milliards de francs CFA en question
L’ancien ministre du Tourisme et de l’Artisanat est poursuivi pour détournement de fonds publics portant sur un montant estimé à plus de 10 milliards de francs CFA. Des fonds qui auraient été destinés au «rayonnement» de son département ministériel, selon les éléments judiciaires invoqués aux moments les plus chauds de l’affaire.
Son incarcération, la veille de Noël 2025, avait aussitôt suscité la riposte de sa défense. Ses conseils dénonçaient de graves violations constitutionnelles et procédurales, au premier rang desquelles une atteinte à l’immunité parlementaire de leur client, sénateur nouvellement élu au moment de son arrestation.
Une liberté sous surveillance
La formule employée par Me Moubembé mérite d’être décryptée. La liberté provisoire ne vaut ni abandon des poursuites ni blanchiment judiciaire : l’information judiciaire suit son cours et l’intéressé demeure mis en cause. Le juge d’instruction estime simplement que la détention préventive ne se justifie plus à ce stade de la procédure.
Le qualificatif «conditionnée» renvoie, lui, aux obligations dont la mesure est assortie. Cautionnement, remise du passeport, interdiction de quitter le territoire, pointage périodique devant l’autorité judiciaire ou défense d’entrer en contact avec les autres mis en cause : autant de contraintes classiques en pareille circonstance. Tout manquement exposerait à une révocation de la mesure et à un retour derrière les barreaux, selon certaines explications.
















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.