Passation à la CNDPC : Moundounga appelé à donner un nouveau souffle à la démocratie gabonaise
La Commission nationale de la démocratie et de la participation citoyenne (CNDPC) entame une nouvelle étape de son histoire. Lors d’une cérémonie de passation de charges présidée par le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, Séraphin Moundounga a officiellement pris les rênes de l’institution, succédant à Séraphin Ndaot. Entre hommage au bilan du président sortant, appel à la transmission de l’expérience et ambitions pour la démocratie participative dans le cadre de la Ve République, les différents intervenants ont esquissé les contours des défis qui attendent désormais la CNDPC.

Séraphin Moundounga officiellement installé dans ses fonctions. © GabonReview
La cérémonie de passation de charges à la tête de la Commission nationale de la démocratie et de la participation citoyenne (CNDPC) s’est tenue ce vendredi 5 juin 2026 dans une atmosphère empreinte de solennité et d’émotion. Présidée par le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, elle a consacré l’installation officielle de Séraphin Moundounga à la présidence de cette institution, en remplacement de Séraphin Ndaot.
Prenant la parole à cette occasion, le nouveau président de la CNDPC a placé son mandat sous le signe de la continuité et de l’écoute. S’adressant à son prédécesseur, il a rappelé les orientations reçues du chef de l’État. «Cher Président Ndaot, je puis vous confier que notre dénominateur commun, le président Brice Clotaire Oligui Nguema, m’a instruit de tout mettre en œuvre pour puiser dans votre muse faite d’expériences, de compétences et de sagesse pour répondre à ce qu’il attend de la Commission nationale de la démocratie et de la participation citoyenne en termes de satisfaction des aspirations légitimes de nos compatriotes avides de plus de valeurs démocratiques que sont l’état des droits, les droits de l’homme, la bonne gouvernance et les principes démocratiques».
Séraphin Moundounga a souligné l’importance de pouvoir bénéficier de l’expérience de son prédécesseur, estimant que son accompagnement constituera un atout précieux pour l’ensemble des membres de la Commission. Selon lui, la CNDPC est appelée à jouer un rôle majeur dans le renforcement de la gouvernance démocratique en soutenant les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
Une évolution du cadre démocratique gabonais sous la nouvelle République
Le nouveau responsable de l’institution a notamment insisté sur l’évolution du cadre démocratique gabonais sous la nouvelle République. «Par la volonté inédite de conjuguer les trois types de démocratie que sont la démocratie directe et la démocratie représentative que nous connaissions habituellement dans notre pays avec l’arrivée de la démocratie participative ajoutée dans la constitution de la Ve République», a-t-il expliqué, mettant en avant la place désormais accordée à la participation citoyenne dans l’architecture institutionnelle du pays.
Pour sa part, Séraphin Ndaot a dressé le bilan des dix années passées à la tête de l’institution. Un mandat au cours duquel la question de la visibilité et de la compréhension du rôle du Conseil national de la démocratie, devenu aujourd’hui Commission nationale de la démocratie et de la participation citoyenne, est demeurée récurrente. Le président sortant a reconnu que l’institution a souvent souffert d’un déficit de lisibilité auprès de l’opinion publique. «Il faut le relever, malgré les efforts qu’il déploie depuis des années en termes de recommandations et de propositions, certains compatriotes portent des doutes sur la nécessité existentielle de cet organe qualifié de budgétivore par certains», a-t-il déclaré.

Passation de charges et photo de famille à l’issue de la cérémonie. © GabonReview
Malgré ces critiques, Séraphin Ndaot s’est montré confiant quant à l’avenir de la CNDPC. Selon lui, les réformes engagées dans le cadre de la nouvelle République ainsi que la volonté politique des nouvelles autorités devraient permettre à l’institution de mieux faire valoir son utilité et son apport dans la consolidation démocratique du pays.
Intervenant à son tour, le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions a rendu un hommage appuyé au président sortant, saluant son engagement et son expérience. François Ndong Obiang a tenu à rappeler que le parcours de Séraphin Ndaot ne s’arrêtait pas avec cette passation de charges. «Le président Ndaot, la République gabonaise aura encore besoin de vous et je le dis ici avec conviction, force et vigueur», a affirmé le membre du gouvernement, soulignant l’attachement du président de la République à la valorisation de l’expérience des anciens responsables publics.
Une opportunité de mieux faire comprendre aux citoyens la mission de cette structure
S’adressant ensuite à Séraphin Moundounga, le ministre a mis en avant les défis liés à la transformation de l’ancien CND en une CNDPC. Il a estimé que cette évolution institutionnelle offre l’opportunité de mieux faire comprendre aux citoyens la mission de cette structure et son rôle dans la vie démocratique nationale. «Si les politiciens et les Gabonais des trottoirs n’avaient pas compris ce qu’était réellement le Conseil national de la démocratie, en se disant d’ailleurs comment est-ce qu’un conseil pouvait conseiller une démocratie, cette fois-ci la réforme l’a conduit à mettre en place une Commission nationale pour la démocratie et la participation citoyenne», a-t-il déclaré.
François Ndong Obiang a enfin exprimé sa confiance dans la capacité du nouveau président à donner une nouvelle dynamique à l’institution. «Je vous sais parfaitement en mesure d’intensifier dans les capacités qui sont les vôtres la réalité de cet outil nouveau et d’apporter au milieu politique gabonais l’analyse scientifique de nos comportements électoraux, du rythme du vécu des partis politiques et d’apaiser nos élections qui ne doivent pas constituer des joutes de guerre ou des moments de tribaliser notre environnement national», a-t-il conclu.
Cette passation de charges marque ainsi l’ouverture d’une nouvelle phase pour la CNDPC, appelée à renforcer son action en faveur du dialogue politique, de la participation citoyenne et de l’enracinement des principes démocratiques dans le Gabon de la nouvelle République.













1 Commentaire
thanks for this