Initialement prévue pour le 24 décembre dernier, date de la fin du 12ème congrès national ordinaire, la liste des membres du Bureau politique n’est toujours pas d’actualité. Le parti au pouvoir a visiblement du mal à renouveler cet important organe. D’où vient le blocage ? Au moment où cette formation politique parle de renaissance, quels sont les déterminismes de cet accouchement si compliqué ?

De nombreux PDGistes reprochent à Cyriaque Mvouradjiami d’avoir «pris le contrôle» du parti au-delà du rôle devant être le sien, entrant ainsi dans la lignée Brice Laccruche-Alihanga et apparaissant comme le décideur en chef. © Gabonreview

 

Il faut d’emblée le dire : le blocage actuel était perceptible, le 24 décembre, à travers une cérémonie de clôture du congrès écourtée et la remise à plus tard de la publication de la liste des membres du Bureau politique et celle des membres du Conseil national. Les militants s’attendaient donc à ce que ces listes soient publiées en début de semaine. Patatras !… Dix jours plus tard, c’est la bouteille à l’encre…

Serait-ce pour apaiser les différends, malentendus et incompréhensions nés des nominations au secrétariat exécutif et dans les commissions permanentes, le jour de la clôture du congrès, que le duo Mvourandjiami-Nzégho traine ou hésite à prendre de nouvelles décisions quant à la composition du Bureau politique ?

Selon certaines indiscrétions, les nominations du 24 décembre ont laissé un goût amer à de nombreux militants et dans un grand nombre de structures de base. Trop d’évictions inexpliquées. Trop de promotions «faciles» pour certains militants invisibles ou inconnus sur le terrain.

Résistances face à la Renaissance

Il y aurait, par ailleurs, des militants qui feraient du forcing pour demeurer au Bureau Politique, et refuseraient de rejoindre le conseil consultatif des Sages.

A titre d’exemple, Marie-Joséphine Kama Dabany, 79 ans le 22 janvier prochain, accepterait-elle de quitter le Bureau politique où elle siège depuis le congrès de 2008 pour se retrouver chez les Sages ? Dans le même temps, d’autres militants, plus jeunes, destinés à rester au conseil national ou au comité central font des pieds et des mains pour accéder au bureau politique. Voit-on Brice Paillat accepter de demeurer au conseil national ? En ce sens, il se raconte que des nouveaux membres du gouvernement entendent pousser les aînés au conseil consultatif des Sages pour les emmener à sortir progressivement du jeu politique. Huguette Abodo Yombiyeni, que l’on sait proche de Cyriaque Mvouradjiami, peut-elle demeurer simple militant du parti ?

Les résistances s’expliquent également par le fait que, traumatisés par les premières nominations opérées par le duo Mvouradjiami-Nzégho le jour de la clôture du congrès, de nombreux militants ont durci le ton. Il y a, de toute évidence, des conflits en perspective dans l’écurie de Louis… car le mal qu’il prétendait guérir s’est plutôt aggravé avec les «choix préférentiels» de Cyriaque Mvouradjiami.

Si l’esprit de favoritisme et de rivalité malsaine que nombreux déplorent devait persister, le parti de Louis pourrait connaître quelques soubresauts à l’approche du prochain scrutin présidentiel… dans sept mois seulement. Dans les couloirs, nombreux reprochent à Cyriaque Mvouradjiami d’avoir «pris le contrôle» du parti au-delà du rôle devant être le sien, entrant ainsi dans la lignée Brice Laccruche-Alihanga, au point d’apparaître non pas comme un collaborateur du chef du parti, mais comme le décideur en chef.

Décideur en chef ou courroie de transmission ?

L’ancien instituteur et pasteur, connu pour sa propension à cumuler les fonctions (sénateur, président du groupe parlementaire PDG au Sénat, membre du Comité permanent du Bureau politique, PCA d’une entreprise publique, directeur de cabinet du président du parti), semble se prendre à la fois pour le président et le secrétaire général du parti. Il est en effet celui qui décide de tout au sein de cette formation politique. Le président du PDG a pourtant eu, auparavant, des directeurs de cabinet plus discrets, à l’instar du Pr. Léon Nzouba ou de Guy-Bertrand Mapangou, qui se limitaient à jouer un rôle de courroie de transmission entre le ‘DCP’ et le secrétariat exécutif. Cyriaque Mvouradjiami aime le pouvoir. Il l’aime tellement qu’il prend le risque de briser le parti, en raison du favoritisme qu’il manifeste ostentatoirement.

Comme l’affirment de nombreux militants à la rédaction de GabonReview, le blocage actuel est de son fait. On ne lui a sûrement pas expliqué quel était exactement son rôle, alors il prend tout, devenant parfois maître de cérémonie, comme lors de la célébration du 54ème anniversaire du PDG au lieu dit ‘Jardin botanique’…

Toutes choses conduisant à la plus grave des questions : le PDG pourra-t-il connaître, au-delà de la mobilisation habituelle, une adhésion «saine et sincère» à ses idéaux dans les prochaines semaines et prochains mois ? La mobilisation, c’est bien, mais la cohésion et surtout l’adhésion seront-elles au rendez-vous ?

Le Bureau politique du PDG compte plus de 180 membres.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Paul Romain BUSSAMB BU BOUSSOUGOU dit :

    Ancien instit et pasteur défroqué, Mvourandjiami a été confirmé DC du patron du parti, à la surprise générale. En voilà les conséquences.

Poster un commentaire