PDG : Onanga Y’Obegue accuse la présidence de prendre parti dans la crise du parti
«La Présidence n’est pas une instance d’investiture» : Ali Akbar Onanga Y’Obegue, secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG) revendiqué par le camp d’Ali Bongo, contre-attaque après l’audience accordée par Brice Clotaire Oligui Nguema à la direction rivale de Blaise Louembé. Dans une tribune, il dénonce ce qu’il considère comme une ingérence présidentielle dans la crise du parti et une remise en cause du pluralisme politique, à moins d’un mois du congrès prévu du 27 au 29 novembre.

Onanga Y’Obégué. © D.R.
Au lendemain de l’audience accordée le 30 octobre par Brice Clotaire Oligui Nguema à Blaise Louembé et aux responsables du Parti démocratique gabonais (PDG), le camp d’Ali Bongo Ondimba est monté au créneau par la voix d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue. Dans une longue tribune intitulée « Laisser vivre les partis ou renier la restauration », le secrétaire général revendiqué par l’ancien président dénonce ce qu’il considère comme une ingérence du pouvoir dans la crise interne du parti.
Le ton est donné dès les premières lignes. Pour l’ancien ministre, la réception de Blaise Louembé et de ses collaborateurs au palais présidentiel constitue bien plus qu’une audience de courtoisie. Il y voit un signal politique en faveur d’une des deux directions qui se disputent la légitimité du PDG. « C’est la République qui était dans la salle. Et c’est elle qui en est ressortie abîmée », écrit-il. Une formule qui résume la volonté de déplacer le débat, jusque-là centré sur le leadership du parti, vers la neutralité des institutions. Au cœur de sa contestation, la disponibilité affichée par Oligui Nguema pour accompagner le prochain congrès, prévu du 27 au 29 novembre.
Neutralité du chef de l’État : la revendication du camp Ali Bongo
Alors que la direction de Blaise Louembé poursuit les préparatifs, le camp Ali Bongo estime qu’aucune légitimité ne peut être consacrée sans dialogue préalable entre les différentes sensibilités. Onanga Y’Obegue affirme que le chef de l’État aurait reconnu un seul PDG, celui de ses interlocuteurs, et évoqué une meilleure prise en compte de ses cadres dans les nominations. Des propos rapportés par l’auteur de la tribune à partir d’un compte rendu dont il demande la confirmation publique, mais qui nourrissent son accusation. « La Présidence n’est pas une instance d’investiture », martèle-t-il, invoquant les garanties constitutionnelles relatives à la liberté des partis et au rôle d’arbitre du chef de l’État.
Il met également en garde contre un congrès qui, organisé sans accord entre les camps, risquerait de « consacrer l’exclusion de ceux qu’il devrait réunir ». Au-delà de la bataille de direction, la tribune s’attaque au récit de la restauration du 30 août 2023. En contestant une intervention présidentielle dans les affaires du PDG, le signataire interroge la cohérence entre la promesse de restauration institutionnelle et les pratiques qu’il prête au pouvoir. Il élargit même son propos aux difficultés sociales et économiques du pays, des démolitions de maisons à la hausse des carburants, en passant par les coupures d’eau et d’électricité.
Là où Blaise Louembé a affiché son soutien au chef de l’État et obtenu sa disponibilité pour accompagner le congrès, le camp Ali Bongo réclame la neutralité présidentielle et un processus inclusif. « Restaurer, c’est rendre à chacun ce qui lui appartient : au peuple sa souveraineté, aux partis leur liberté, à l’État sa neutralité », conclut Onanga Y’Obegue. À moins d’un mois des assises, le bras de fer entre les deux camps dépasse désormais la seule question de la direction du PDG.

















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