Pédiatrie : 400 spécialistes à Libreville face aux fragilités de l’enfance gabonaise
Près de 400 pédiatres, chercheurs et responsables sanitaires d’Afrique et d’Europe sont réunis à Libreville autour d’un même défi : mieux faire survivre, grandir et soigner l’enfant gabonais. Derrière les conférences du 9e Congrès de la Société gabonaise de pédiatrie se dessine surtout une urgence très concrète : faire descendre les progrès de la médecine jusqu’aux maternités, centres médicaux et services pédiatriques de l’ensemble du pays.

Photo de famille à l’ouverture du 9e Congrès de la SOGAPED à Libreville, où près de 400 spécialistes sont réunis autour d’un même défi : améliorer concrètement la survie et la prise en charge de l’enfant gabonais. © GabonReview
Durant trois jours, Libreville devient un carrefour de la pédiatrie francophone. Ouvert ce mercredi 9 septembre, le 9e Congrès scientifique de la Société gabonaise de pédiatrie (SOGAPED) se tient conjointement avec le congrès de l’Association des pédiatres de langue française (APLF) et le 11e Congrès de l’Association des pédiatres d’Afrique noire (APANF).

Deux moments du 9e Congrès de la SOGAPED à Libreville : l’ouverture des travaux en salle et la visite des stands, consacrée aux échanges avec les partenaires et à la découverte d’outils et de solutions pour la prise en charge de l’enfant. © GabonReview (capture d’écran)
Néonatalogie, cardiologie, infectiologie, nutrition, neurologie, néphrologie, endocrinologie, hémato-oncologie, dermatologie ou vaccinologie : l’éventail des disciplines donne la mesure de l’ambition. Il ne s’agit plus seulement de guérir l’enfant malade, mais de mieux prévenir, diagnostiquer plus tôt et améliorer la prise en charge dès les premières heures de la vie.
Des progrès considérables, mais encore 2 235 enfants perdus
Le Gabon revient de loin. Selon les dernières estimations de l’UNICEF, la mortalité des moins de cinq ans est passée de 84,3 décès pour 1 000 naissances vivantes en 1990 à 32,6 en 2024. Une chute spectaculaire, qui ne doit pourtant pas masquer le chiffre derrière le taux : 2 235 enfants seraient encore morts avant leur cinquième anniversaire en 2024. La mortalité infantile reste estimée à 26 pour 1 000 naissances et la mortalité néonatale à 16 pour 1 000.
La vaccination constitue un autre point de vigilance. Les données de l’OMS faisaient notamment apparaître une couverture d’environ 61 % pour la troisième dose du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche au Gabon en 2024, loin de l’objectif de 90 % retenu pour 2030.
À l’échelle mondiale, 4,9 millions d’enfants sont morts avant cinq ans en 2024, dont 2,3 millions durant leurs 28 premiers jours. Prématurité, complications de l’accouchement et infections dominent chez les nouveau-nés ; paludisme, pneumonie et diarrhée restent de redoutables tueurs après le premier mois.
«Chaque enfant qui naît doit pouvoir bénéficier des soins dont il a besoin», a insisté le Pr Yolande Nzame, plaidant pour davantage de coopération scientifique, de recherche africaine et de recommandations adaptées aux réalités locales.
L’enfant gabonais ne s’arrête pas aux portes de Libreville
La ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a ramené le congrès à son véritable test : le territoire. «Vous avez choisi comme thématique l’enfant gabonais, et l’enfant gabonais ne vit pas uniquement à Libreville», a-t-elle souligné.
La formule résume presque tout l’enjeu. Un congrès peut produire des recommandations, diffuser des techniques et actualiser les connaissances. Mais son succès se mesurera ailleurs : dans la capacité à mieux équiper les structures, former les personnels, sécuriser la vaccination et réduire les écarts d’accès aux soins entre la capitale et les provinces.
À Libreville, 400 spécialistes mettent la science autour de la table. Après le congrès, il faudra la mettre au chevet de chaque enfant.
















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.