Plateaux Batéké : l’ANPN fait de la sensibilisation un outil de coexistence entre l’homme et l’éléphant
Dans les Plateaux Batéké, la cohabitation entre les communautés et les éléphants de forêt s’impose plus que jamais comme un enjeu de sécurité, de conservation et de développement. C’est dans ce contexte que les équipes du Parc national des plateaux Batéké, avec l’appui de Panthera Gabon, ont récemment engagé une campagne de sensibilisation pour mieux faire comprendre les comportements des éléphants et aider les populations à vivre à leurs côtés sans tension inutile. Les premières séances ont été menées à Lewou et Saye, tandis que d’autres rencontres sont annoncées à Ekouyi-Mbouma, Onkoua, Ossélé et Kessala, des localités régulièrement confrontées aux interactions avec ces grands mammifères.

Les équipes du Parc national des plateaux Batéké sensibilisant les populations sur les comportements des éléphants et les aider à vivre à leurs côtés. © ANPN
L’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), avec l’appui de Panthera Gabon, a récemment lancé une campagne de sensibilisation dans le Parc national des Plateaux Batéké pour favoriser la coexistence entre les populations rurales et les éléphants de forêt. Les premières actions ont eu lieu à Lewou et Saye, avant d’être étendues à d’autres villages régulièrement touchés par les incursions des pachydermes. L’objectif est de prévenir les conflits par l’information, le dialogue et le partage d’expériences, considérés comme les moyens les plus efficaces pour réduire les tensions.
Réduire les risques, éviter les gestes dangereux et de favoriser des réponses apaisées
L’information apparaît comme la première ligne de défense contre les conflits homme-faune. À travers des affiches pédagogiques validées par la Direction générale de la faune et des aires protégées, les habitants apprennent les bons réflexes à adopter lorsqu’un éléphant traverse une plantation, circule en forêt, s’approche d’une route ou rôde près des habitations. L’objectif est ainsi de réduire les risques, d’éviter les gestes dangereux et de favoriser des réponses apaisées face à des animaux dont les déplacements sont souvent dictés par la recherche de nourriture et la pression exercée sur leur habitat.

Instantanés de la sensibilisation des populations des plateaux Batéké. © ANPN
Ces échanges ne se limitent pas à une simple transmission de consignes. Ils ouvrent aussi un espace de dialogue où les communautés peuvent exposer leurs réalités, leurs pertes, leurs inquiétudes et leurs propositions. Les équipes du parc présentent, en retour, des solutions déjà expérimentées dans d’autres pays africains, qu’il s’agisse de barrières naturelles, comme les clôtures à piment, les citronniers répulsifs ou les ruches d’abeilles, ou de dispositifs de dissuasion tels que les clôtures électriques et les signaux lumineux ou sonores.
Protéger la biodiversité, c’est aussi sécuriser les populations et construire un modèle de coexistence harmonieuse
Dans le même esprit, le suivi communautaire et les outils de prévision sont également mis en avant comme des moyens d’anticiper les déplacements des troupeaux. Comme le rappelle le message porté par cette campagne, la recherche de coexistence pacifique ne peut réussir qu’en combinant savoir local, prévention et solutions adaptées au terrain. «Préserver les éléphants, c’est aussi accompagner les communautés qui vivent à leurs côtés», indique l’ANPN.
Cette sensibilisation s’inscrit dans une réalité bien connue des zones de contact entre humains et faune sauvage. Le conflit homme-éléphant naît principalement de la réduction de l’espace vital, de la fragmentation des couloirs de migration par l’urbanisation, l’agriculture et les routes, mais aussi des dégâts causés aux cultures, qui menacent directement les moyens de subsistance des familles rurales. Lorsqu’un éléphant ravage un champ de maïs ou de palmier, le préjudice est économique, mais il peut aussi devenir humain, allant jusqu’aux blessures graves et aux pertes en vies humaines. En poursuivant ces actions de prévention, l’ANPN et ses partenaires rappellent ainsi que protéger la biodiversité, c’est aussi sécuriser les populations et construire, pas à pas, un modèle de coexistence harmonieuse entre l’homme et la faune sauvage.















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