Réuni mardi 15 septembre en comité interministériel sectoriel, le gouvernement a examiné les mécanismes de financement du Plan national de croissance et de développement (PNCD), évalué à 27 000 milliards de francs CFA. Pour mobiliser les 17 000 milliards attendus du secteur privé, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, appelle à lever les blocages qui affectent notamment le Fonds d’étude sectoriel, indispensable à la maturation des projets.

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Le gouvernement veut accélérer la mobilisation des financements nécessaires à la mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement (PNCD). Réunis le 15 septembre en comité interministériel sectoriel, les membres du gouvernement ont fait le point sur les capacités de l’État à mobiliser les ressources nécessaires à l’exécution de ce vaste programme, dont l’enveloppe globale est estimée à 27 000 milliards de francs CFA.

Mais au-delà de la recherche de capitaux, les échanges ont mis en lumière un préalable : disposer d’un portefeuille de projets suffisamment préparés, sécurisés et bancables pour attirer les investisseurs. Une exigence qui place le Fonds d’étude sectoriel au cœur de l’équation.

« Acter des solutions structurantes »

En ouverture de séance, Hermann Immongault a directement pointé les difficultés rencontrées par cet instrument destiné à financer les études nécessaires à la préparation des projets.

« Pour capter ces 17 000 milliards de francs CFA de capitaux privés, le goulot d’étranglement n’est pas le manque d’argent dans le monde, mais l’absence d’une réserve de projets matures, peu risqués et bancables », a déclaré le vice-président du gouvernement. Pour lui, les investisseurs et les partenaires techniques et financiers ne peuvent s’engager sans disposer d’études de faisabilité solides. D’où l’importance du Fonds d’étude sectoriel, conçu précisément pour financer cette phase de préparation.

Or, selon Hermann Immongault, cet instrument est aujourd’hui fragilisé par « une dotation drastiquement réduite par la LFR 2026 » et par des retards dans les décaissements.

Face à cette situation, le vice-président du gouvernement a appelé à dépasser le stade du constat. « Nous n’avons plus le temps des constats. Nous devons acter des solutions structurantes pour garantir l’exécution de notre PNCD », a-t-il martelé.

27 000 milliards à mobiliser

Un moment de la séance de travail. © GabonReview/Capture d’écran

La question du financement constitue ainsi l’un des principaux enjeux de la mise en œuvre du PNCD. Sur les 27 000 milliards de francs CFA nécessaires à son déploiement, 17 000 milliards doivent être mobilisés auprès de sources privées.

L’exécutif entend pour cela diversifier les mécanismes de financement. Partenariats public-privé, banques d’investissement, dons et financements climatiques figurent parmi les leviers identifiés.

« Il s’agissait de faire le point à mi-parcours sur notre capacité à mobiliser suffisamment de ressources pour mettre en œuvre le Plan national de croissance et de développement, qui n’est autre que le projet de société du chef de l’État », a expliqué la ministre de la Planification, Louise Pierrette Mvono.

Selon elle, cette mobilisation doit notamment permettre de soutenir les différents projets d’investissement déjà engagés ou appelés à être inscrits dans les prochaines lois de finances, notamment celle de 2027.

La finance climatique sollicitée

Le gouvernement mise également sur les opportunités offertes par la finance climatique. Le positionnement du Gabon et ses engagements environnementaux pourraient, selon Louise Pierrette Mvono, faciliter l’accès à certains financements concessionnels.

« Notre positionnement géographique devrait nous permettre d’avoir des financements concessionnels ou d’avoir des périodes de grâce un peu plus longues dans les financements », a-t-elle indiqué.

L’objectif est également de faire de ces ressources un levier de diversification économique, en favorisant l’émergence de nouveaux secteurs d’activité au-delà des filières traditionnelles.

La maturité des projets, préalable aux capitaux privés

Le gouvernement se retrouve ainsi face à un double impératif : mobiliser les financements et disposer, en parallèle, d’un portefeuille de projets suffisamment aboutis pour les absorber.

C’est dans cette perspective que le Fonds d’étude sectoriel apparaît comme un maillon déterminant du dispositif. Sans études de faisabilité robustes, évaluation des risques et structuration financière, les projets susceptibles d’intéresser les investisseurs privés restent difficiles à présenter aux partenaires.

La réunion interministérielle a donc placé la résolution des difficultés liées à cet instrument parmi les conditions de réussite du PNCD. Pour l’exécutif, l’enjeu n’est désormais plus seulement de rechercher des financements, mais de créer les conditions permettant de les capter et de les transformer en investissements concrets.

La préparation de la loi de finances 2027 devra, à ce titre, apporter des réponses aux contraintes identifiées, avec en ligne de mire l’accélération de l’exécution des projets prioritaires du PNCD.

 

 
GR
 

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