En conférence de presse le 28 juillet à Port-Gentil, le Groupe Féfé Onanga a appelé le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à suivre de près les projets de développement dans l’Ogooué-Maritime. Tout en saluant les annonces présidentielles relatives à la reprise de certains chantiers, le mouvement dénonce des «agendas cachés», s’interroge sur la gestion des financements alloués à plusieurs infrastructures et réclame davantage de transparence.

Les deux leaders du groupe Féfé Onanga lors de la déclaration de presse. © GabonReview

 

Le Groupe Féfé Onanga est monté au créneau, mardi 28 juillet à Port-Gentil, pour dénoncer ce qu’il considère comme des dysfonctionnements dans la conduite des projets de développement de l’Ogooué-Maritime. Face à la presse, Féfé Onanga et son secrétaire général, Delphin Mboumba, ont interpellé le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’invitant à se méfier de certains responsables politiques locaux accusés de ne pas lui présenter fidèlement la réalité du terrain.

Prenant la parole en premier, Féfé Onanga a expliqué s’exprimer à la fois en qualité de père s’adressant au chef de l’État, qu’il dit considérer comme son fils, puis en tant qu’acteur politique. Il a d’abord salué les annonces présidentielles portant sur la reprise des travaux du lycée d’État Joseph Ambouroue Avaro et l’achèvement des chantiers engagés dans la capitale économique. «Mon fils, je vous dis merci et je vous suis reconnaissant. À travers moi, ce sont toutes les populations de Port-Gentil qui vous remercient», a-t-il déclaré, avant de lancer un avertissement : «Ce qui se passe à Port-Gentil doit être vu, doit être vécu et doit être dit. Nous ne méritons pas cette situation. Méfiez-vous des responsables politiques de Port-Gentil. Ils ont des agendas cachés. Ils ne vous disent pas toujours la vérité».

Le responsable politique a également critiqué le déplacement organisé le 14 juillet dernier à Libreville pour des ressortissants de l’Ogooué-Maritime, estimant que cette initiative ne répondait pas aux préoccupations des habitants de Port-Gentil. Selon lui, les populations attendent avant tout la concrétisation des projets annoncés dans leur province. Il a par ailleurs plaidé en faveur des entrepreneurs gabonais attributaires de certains marchés publics, notamment Alexis Delor et Arsène Bozanga, estimant qu’ils doivent pouvoir achever les travaux engagés. «Ces entrepreneurs ont préfinancé les travaux. Il faut leur permettre d’aller jusqu’au bout», a-t-il soutenu.

À son tour, le secrétaire général du mouvement, Delphin Mboumba, a indiqué que cette conférence de presse, placée sous le thème «La vérité n’a pas de tombe», visait à répondre aux nombreuses interrogations entourant la gestion des financements destinés à plusieurs infrastructures de Port-Gentil. Évoquant une enveloppe de 7 milliards de francs CFA, à laquelle se seraient ajoutés 900 millions de francs CFA pour l’extension du lycée d’État Joseph Ambouroue Avaro, il s’est interrogé sur l’état d’avancement de plusieurs chantiers routiers et scolaires. «Nous demandons que les populations soient édifiées. Que sont devenus les 500 millions restants ? Où sont passés les 900 millions accordés pour l’extension du lycée d’État ?», a-t-il déclaré, affirmant que l’entrepreneur Arsène Bozanga aurait transmis ses relevés bancaires afin de démontrer qu’il n’aurait pas perçu l’intégralité des fonds annoncés.

Les jeunes de Port-Gentil souhaitaient échanger directement Oligui Nguema

Delphin Mboumba estime également que le voyage à Libreville a détourné l’objectif initial des jeunes de Port-Gentil, qui souhaitaient, selon lui, échanger directement avec le chef de l’État sur les difficultés rencontrées dans leur province. Il considère que les ressources mobilisées pour cette opération auraient pu être affectées à des actions prioritaires, telles que le curage des caniveaux, la réhabilitation des routes ou encore le soutien aux élèves. Pour lui, les déclarations du président de la République lors de cette rencontre, notamment lorsqu’il s’est interrogé sur la situation de l’entrepreneur chargé du lycée d’État, démontrent qu’il ne disposerait pas de toutes les informations sur ce dossier.

En conclusion, les responsables du Groupe Féfé Onanga ont invité Brice Clotaire Oligui Nguema à assurer personnellement le suivi des projets de développement dans l’Ogooué-Maritime et à privilégier les échanges directs avec les populations. Ils ont par ailleurs salué l’annonce de la transmission à la justice des dossiers liés à la gestion des 7 milliards de francs CFA, estimant que cette procédure devrait permettre d’établir les responsabilités et de restaurer la confiance des populations à travers une gestion plus transparente des ressources publiques.

 
GR
 

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