Postebank : le Conseil des ministres reconnaît que la crédibilité de l’État est engagée
Le désintéressement des épargnants de Postebank S.A. a été évoqué en Conseil des ministres le 22 mai 2026, avec une franchise de langage rare dans les communications officielles. L’État reconnaît que sa crédibilité est directement engagée dans ce dossier et instruit les ministres compétents d’y apporter une réponse «diligente et appropriée». Une formulation qui dit, entre les lignes, que cette réponse tarde.

Les épargnants de Postebank attendent toujours. Le Conseil des ministres du 22 mai a reconnu que la crédibilité de l’État est engagée. © GabonReview
Ce n’est pas la première fois que le sort des épargnants de Postebank est évoqué dans les sphères gouvernementales. Cela fait plusieurs années que des clients de l’ancienne banque postale gabonaise attendent de récupérer des fonds bloqués à la suite des difficultés financières de l’institution. Des économies parfois modestes, parfois représentant des années d’effort, immobilisées dans un dossier qui s’est enlisé entre restructurations, liquidations partielles et promesses non tenues.
Ce qui est nouveau, c’est le ton. Que le Conseil des ministres inscrive ce dossier à son ordre du jour et reconnaisse publiquement qu’il «engage la crédibilité de l’État» constitue en soi un signal. C’est admettre que la situation est devenue politiquement intenable, et que le silence ou les demi-mesures ne sont plus une option acceptable.
Une dette morale autant que financière
Le problème Postebank n’est pas simplement budgétaire. Il est symbolique. Une banque postale, par définition, est l’institution financière des populations les moins bancarisées, celles qui n’ont pas accès aux grands réseaux privés. Lorsque cette institution faillit et que l’État, qui en était l’actionnaire et le garant implicite, tarde à indemniser, c’est toute la promesse d’inclusion financière qui se fracasse. Les victimes ne sont pas des investisseurs avertis ayant pris des risques calculés. Ce sont, pour l’essentiel, des fonctionnaires modestes, des retraités, des petits commerçants.
Le communiqué parle de «portée sociale particulièrement élevée». C’est exact, et c’est même en deçà de la réalité. Car au-delà des sommes en jeu, c’est la confiance dans les institutions publiques qui est érodée. Une confiance déjà fragilisée par des années de mauvaise gouvernance que le gouvernement actuel dit précisément vouloir rompre.
L’heure des actes
L’instruction donnée aux ministres compétents de prendre «toutes les dispositions nécessaires» reste, pour l’heure, une intention. Les épargnants de Postebank en ont entendu d’autres. Ce qui leur importe désormais, c’est un calendrier précis, un mécanisme transparent d’indemnisation et des interlocuteurs identifiés. Le gouvernement a posé les mots justes. Il lui reste à y adosser des actes à la hauteur, et vite, car pour ceux qui attendent, chaque Conseil des ministres sans issue concrète est une nouvelle désillusion.













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