De retour au Gabon en qualité de directeur technique national (DTN), Alain Giresse affiche une feuille de route résolument tournée vers le long terme. L’ancien sélectionneur des Panthères appelle à reconstruire les fondations du football gabonais, depuis l’équipe nationale jusqu’à la formation des jeunes, tout en refusant la logique des résultats immédiats. Une vision qui rejoint celle du nouveau sélectionneur, Sébastien Migné.

Alain Giresse, lors d’un match de football. © GAIZKA IROZ / AFP

 

Quelques années après son passage sur le banc des Panthères, Alain Giresse retrouve le football gabonais avec une nouvelle mission. Désormais directeur technique national, l’ancien international français entend mettre son expérience au service d’une reconstruction qu’il juge indispensable pour permettre au Gabon de retrouver durablement le haut niveau.

Dans un entretien accordé à Flashscore, le technicien de 72 ans décrit un chantier de longue haleine, loin des promesses de résultats rapides souvent attendues par les supporters.

Une reconstruction avant tout

Pour Alain Giresse, la priorité est clairement identifiée : rebâtir les bases de l’équipe nationale.

« Je reviens en tant que directeur technique du football gabonais. Mon expérience et mon parcours me permettent de revenir pour soutenir et contribuer au développement du football au Gabon », explique-t-il.

Le DTN rappelle que le pays traverse « une phase de transition » qui impose une méthode. « Il nous faut donc d’abord reconstruire l’équipe nationale et constituer un staff technique. Le sélectionneur a déjà été choisi ; il s’agit d’un entraîneur français que je connais », précise-t-il en évoquant Sébastien Migné.

Cette complémentarité entre les deux hommes ne relève pas du hasard. Tous deux défendent une approche fondée sur la stabilité, la structuration et le travail dans la durée, plutôt que sur des solutions de circonstance.

Miser sur la formation et l’horizon 2030

Au-delà de l’équipe première, Alain Giresse entend replacer la formation au cœur du projet sportif national.

« Il nous faudra ensuite mettre en place un système de formation complet à travers les différentes équipes nationales de jeunes qui pourront être créées. Et, bien sûr, fixer des objectifs pour 2030 », indique-t-il.

Cette orientation s’inscrit dans une logique de reconstruction progressive, où les sélections de jeunes doivent alimenter durablement l’équipe A, tout en instaurant une véritable continuité technique au sein des différentes catégories nationales.

L’échéance de la Coupe d’Afrique des nations 2027 demeure présente, mais elle ne doit pas remettre en cause cette stratégie de fond.

Refuser l’urgence des résultats

Conscient des attentes qui entourent les Panthères, Alain Giresse met toutefois en garde contre la tentation d’accélérer artificiellement le processus. « Comme toujours, tout le monde veut des résultats immédiats. Précipiter les choses ne fonctionne pas. Il faut une planification à long terme pour construire et consolider une équipe compétitive », affirme-t-il.

Une déclaration qui fait écho aux premières prises de parole de Sébastien Migné depuis sa nomination. Le nouveau sélectionneur a lui aussi insisté sur la nécessité de bâtir un projet cohérent, fondé sur le temps, la discipline collective et l’intégration progressive des talents locaux.

En assumant publiquement cette vision, Alain Giresse donne ainsi le ton de ce nouveau cycle du football gabonais : celui d’une reconstruction méthodique, où les ambitions ne sont pas revues à la baisse, mais inscrites dans un calendrier réaliste. L’objectif n’est pas seulement de retrouver rapidement des résultats, mais de créer les conditions permettant aux Panthères de s’installer durablement parmi les sélections les plus compétitives du continent.

 
GR
 

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