HABANA

Les multiples sanctions de la Haute autorité de la Communication (Hac) contre les médias, mettant à mal la liberté d’expression au Gabon, ne sont pas passées inaperçues aux yeux des ambassadeurs de l’Union européenne (UE) à Libreville. La question a été abordée dans le cadre du dialogue politique intensif entre le Gabon et l’UE. Ces sanctions sont jugées «disproportionnées et préjudiciables».

Le dialogue Gabon-UE a la Hac à l’index à cause de ses nombreuses sanctions contre les médias jugées «disproportionnés et préjudiciables». © Gabonreview

 

La liberté de la presse au Gabon est visiblement menacée par le régulateur des médias, la Haute autorité de la communication (Hac). C’est du moins ce qui se lit en filigrane dans la communication faite, le 15 décembre à Libreville, par l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, Rosario Bento Pais, à l’issue du dialogue politique intensifié entre le Gabon et l’Union européenne (UE).

Les deux parties ont en effet abordé des sujets fâcheux portant sur les droits de l’homme, les libertés fondamentales, la gouvernance démocratique et la transparence des élections afin de s’entendre sur l’avenir. À propos de la régulation des médias, les actions punitives de la Hac contre les médias semblent avoir retenu l’attention, autant des autorités gabonaises que des représentants de l’UE. Le document final de ces échanges indique que les sanctions du régulateur des médias sont «disproportionnées et préjudiciables».

«Les deux parties ont constaté que les suspensions récurrentes d’organes de presse écrite ou audiovisuelle constituaient un mode de régulation trop souvent disproportionné et préjudiciable», a déclaré l’ambassadrice de l’Union européenne, annonçant par ailleurs que le Gabon et l’UE sont «convenus d’échanger les bonnes pratiques en matière de régulation des médias».

Pour de nombreux observateurs, leaders d’opinions et même des hommes politiques nationaux, la Hac s’est muée en une «hache» aiguisée pour hacher les médias et dépecer la liberté de la presse, pourtant un droit fondamental pour une société démocratique. Excédée par les suspensions «arbitraires» des médias, l’organisation non gouvernementale, Reporters sans frontière (RSF), avait aussi appelé à la réforme du fonctionnement de cet organe de régulation afin qu’il remplisse son rôle originel : celui de défendre la liberté de la presse, plutôt que les intérêts du pouvoir.

En moins d’un an et demi, la Hac dirigée par Raphaël Ntoutoume Nkoghe a sanctionné plus de médias que durant les 27 ans d’existence du Conseil national de la Communication (CNC). À titre d’illustration, le 24 juillet dernier, cette institution avait suspendu d’un seul coup une trentaine de sites d’information pour des raisons qui méritaient une simple mise en garde.

 
GR
 

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