Le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation a réuni, le 21 juillet, les représentants des associations à caractère religieux afin de présenter et d’expliquer l’avant-projet de loi destiné à encadrer les activités cultuelles en République gabonaise. À l’origine de cette initiative, selon le ministre Adrien Nguema Mba, la nécessité de «mieux organiser le fonctionnement des structures cultuelles et d’adapter leur cadre juridique aux réalités actuelles», face à la prolifération de lieux de culte non autorisés et aux dérives régulièrement dénoncées. Le rendez-vous s’est déroulé en présence du ministre en charge de la Réforme des institutions, François Ndong Obiang.

Le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, et son collègue en charge de la Réforme des institutions, François Ndong Obiang, face aux représentants des Religions et Cultes traditionnels. © D.R.

 

Dans la perspective de la réforme de l’encadrement des associations à caractère religieux, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Adrien Nguema Mba, et son collègue en charge de la Réforme des institutions, François Ndong Obiang, se sont entretenus, le 21 juillet, avec les représentants des confessions religieuses et des chefferies traditionnelles légalement reconnues afin de leur présenter les grandes orientations de l’avant-projet de loi consacré à ces structures. Cette rencontre avait pour objectif de recueillir les observations des principaux acteurs du secteur et de favoriser une compréhension partagée d’un texte appelé à moderniser un cadre juridique jugé inadapté aux réalités actuelles. 

L’État ne peut ni ne doit demeurer spectateur

Lors de la rencontre, le chef du département ministériel a insisté sur le caractère protecteur du texte. «L’État ne peut ni ne doit demeurer spectateur. Rester silencieux serait faillir à notre mission première, protéger chaque Gabonais et chaque Gabonaise où qu’il se trouve, y compris et surtout dans l’intimité de sa vie spirituelle», a-t-il fait savoir. À travers cette démarche participative, le gouvernement entend doter le pays d’un dispositif spécifique capable de mieux organiser le fonctionnement des organisations cultuelles, tout en préservant les libertés fondamentales.

Le futur projet de loi, tel que présenté, poursuivra trois objectifs complémentaires : protéger les fidèles, assainir le paysage cultuel et instaurer un cadre administratif plus transparent pour les communautés religieuses. Adrien Nguema Mba a rassuré les confessionnels. «Cette loi, je le dis, n’est pas et ne sera jamais une déclaration de guerre aux religions, aux cultes traditionnels ou à quelques obédiences que ce soit. Elle n’a pas vocation à limiter votre liberté de conscience, ni votre liberté de croyance, ni votre liberté de culte», a-t-il indiqué. Le ministre a souligné, de ce fait, que la démarche se veut respectueuse des libertés fondamentales tout en répondant aux impératifs de sécurité et d’ordre public invoqués par l’État.

Inclure l’ensemble des acteurs concernés pour trouver l’équilibre… 

Clichés des représentants des Religions et Cultes traditionnels. © D.R.

Les participants ont été invités à formuler des observations et des propositions lors d’une série de consultations prévues avant toute adoption. Plusieurs responsables religieux ont salué l’initiative tout en posant des conditions qui pourraient améliorer le document. Le révérend Michel Francis Mbadinga a rappelé le vide juridique hérité de l’indépendance. Pour lui, «on va avoir pratiquement 66 ans d’indépendance et les communautés religieuses ont toujours été gérées par le régime général des associations… Ça ne pouvait pas continuer. Donc, l’initiative de l’État… est une très bonne initiative». En écho, François Mabendé, membre d’une ces structures religieuses, a demandé que le texte marque une distinction nette entre «les organisations religieuses modernes» et «les organisations religieuses traditionnelles», afin de préserver les rites et les pratiques locales, en apportant un encadrement adapté.

Sur le fond, les débats ont porté sur la délimitation juridique des cultes, les procédures d’enregistrement, les responsabilités des instances dirigeantes et les mécanismes de contrôle pour prévenir les abus sans stigmatiser les croyances. Le Révérend pasteur Alphonse Nguimba a résumé l’attente en ces termes : «je pense qu’aujourd’hui, la loi viendra à la fois protéger l’homme de Dieu, mais aussi protéger le citoyen qui se rend dans les lieux de culte». 

Le gouvernement a réaffirmé sa volonté d’inclure l’ensemble des acteurs concernés pour «trouver l’équilibre entre encadrement des pratiques religieuses, respect des libertés et préservation de l’ordre public», laissant entrevoir un processus consultatif où l’adaptation des textes aux réalités gabonaises restera centrale.

 
GR
 

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