À l’ouverture des 13ᵉ Rencontres du Réseau des hôpitaux d’Afrique, de l’océan Indien et des Caraïbes (RESHAOC), le 24 juin à Libreville, la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a plaidé pour une accélération de la transformation numérique des systèmes hospitaliers. Présentée comme un levier de la couverture sanitaire universelle à l’horizon 2030, cette mutation devra, selon elle, s’appuyer sur une gouvernance renforcée, des infrastructures interopérables et un investissement accru dans les compétences humaines.

La ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, ouvrant les travaux, le 24 juin 2026, à Libreville. © D.R.

 

Les technologies numériques devront désormais occuper une place centrale dans la modernisation des systèmes de santé africains. C’est le message porté par la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, à l’occasion des 13ᵉ Rencontres du Réseau des hôpitaux d’Afrique, de l’océan Indien et des Caraïbes (RESHAOC), ouvertes le 24 juin à Libreville en présence du vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrietr. Des rencontres organisées autour du thème : « Santé numérique hospitalière : contributrice à la couverture sanitaire universelle à l’horizon 2030 ».

S’adressant aux responsables hospitaliers, experts et partenaires régionaux, la ministre a rappelé que ces rencontres constituent désormais « un cadre majeur de collaboration sanitaire régionale », favorisant le partage d’expériences et le renforcement des capacités entre les établissements hospitaliers d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale, de l’océan Indien et des Caraïbes.

Un levier stratégique pour atteindre la couverture sanitaire universelle

Pour la ministre, la transformation numérique ne relève plus d’une simple option technologique. Elle constitue, a-t-elle affirmé, « un pivot stratégique pour renforcer la performance hospitalière et accélérer l’atteinte de la couverture sanitaire universelle ».

Selon elle, cet objectif ne pourra être atteint qu’au prix d’« actions concrètes, progressives et coordonnées » visant à améliorer l’accès aux soins, leur qualité, l’efficience des structures hospitalières et leur capacité de résilience.

Dans cette perspective, le Gabon inscrit cette évolution dans une ambition plus large de souveraineté sanitaire. « Faire de la souveraineté sanitaire un pilier du développement national et garantir à chaque citoyen un accès équitable à des soins de qualité », a indiqué la ministre, présentant cette orientation comme l’un des axes de la dynamique de la Cinquième République.

La donnée médicale au cœur de la réforme

Photo de famille à l’issue de la cérémonie. © D.R.

Développant les bénéfices attendus de la numérisation, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou a souligné que les outils numériques permettent d’améliorer la qualité et la continuité des soins grâce à un meilleur accès à l’information médicale, à une réduction des risques d’erreurs et à une meilleure coordination entre les différents niveaux de prise en charge.

Ils doivent également, selon elle, favoriser un pilotage des politiques publiques fondé sur « des données fiables », condition indispensable pour optimiser les ressources disponibles et renforcer l’efficacité des systèmes de santé.

La ministre a également mis en avant les perspectives offertes par la télémédecine, les dossiers médicaux partagés et les solutions de suivi à distance pour améliorer l’accès aux soins des populations vivant dans les zones les plus éloignées.

Trois priorités pour réussir la transition numérique

Pour concrétiser cette ambition, la ministre a identifié trois chantiers prioritaires.

Le premier concerne la gouvernance numérique du système de santé, avec un accent particulier sur la sécurité, la confidentialité et la souveraineté des données médicales.

Le deuxième porte sur le développement de systèmes interopérables, capables d’intégrer les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, les objets connectés et le dossier médical partagé, afin d’améliorer la qualité des soins et les performances hospitalières.

Enfin, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou a insisté sur la nécessité d’investir dans le capital humain. « La réussite de cette transformation dépend avant tout des femmes et des hommes qui font vivre nos systèmes de santé », a-t-elle déclaré, estimant indispensable de renforcer la formation continue et les compétences numériques des professionnels de santé.

À ces priorités s’ajoute, selon elle, la nécessité de mettre en place des mécanismes de financement innovants et durables afin de soutenir les investissements numériques et de garantir un accès équitable aux innovations en santé.

Une coopération régionale appelée à se renforcer

Inscrivant cette démarche dans la vision du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, la ministre a indiqué que la modernisation de l’administration publique, l’innovation et la transformation numérique figurent parmi les priorités stratégiques du Gabon.

Elle a également défendu une approche régionale de la santé numérique, estimant que celle-ci constitue « un puissant vecteur de diplomatie sanitaire », favorisant le partage d’expertise, la mutualisation des expériences et le renforcement des synergies entre les pays membres du RESHAOC.

Tout en soulignant le potentiel des innovations technologiques, la ministre a rappelé qu’elles ne sauraient se substituer aux professionnels de santé. « La technologie ne remplace pas le soignant. Elle demeure un outil au service de son expertise, de son engagement et de la relation de confiance qui l’unit au patient », a-t-elle insisté.

En clôturant son intervention, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou a exprimé le souhait que ces 13ᵉ Rencontres débouchent sur « des recommandations ambitieuses et pragmatiques », susceptibles d’accompagner durablement les pays membres vers la couverture sanitaire universelle à l’horizon 2030.

 
GR
 

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