Réunis en séance plénière de questions orales à la Maison du Peuple, les députés gabonais ont interpellé le gouvernement sur plusieurs préoccupations importantes affectant la vie des citoyens. Drogue en milieu scolaire, situation des retraités, retards dans la délivrance des documents d’identité, sécurité alimentaire ou encore avenir de la Poste SA : les élus ont exigé des réponses concrètes de l’exécutif sur des dossiers jugés prioritaires.

Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault devant les députés, le 2 juin 2026. © D.R.

 

Les députés gabonais ont soumis le gouvernement à un exercice de reddition de comptes, le 2 juin 2026, à l’occasion d’une séance plénière de questions orales organisée à la Maison du Peuple. Huit questions inscrites à l’ordre du jour ont permis aux représentants de la nation d’interroger directement les membres de l’exécutif sur plusieurs sujets sensibles touchant au quotidien des populations.

Au cœur des échanges figuraient notamment la lutte contre la consommation de drogues en milieu scolaire, les difficultés persistantes du système éducatif, la prise en charge des retraités ainsi que la situation des assurés de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Les parlementaires ont également demandé des explications sur les retards constatés dans la délivrance des cartes nationales d’identité et des passeports, une préoccupation récurrente pour de nombreux usagers.

Les élus ont insisté sur la nécessité de renforcer les actions de prévention et de répression face à la progression des stupéfiants dans les établissements scolaires. Ils ont aussi sollicité des éclaircissements sur les mécanismes mis en place pour améliorer les conditions de prise en charge des retraités et garantir un meilleur accès aux prestations sociales.

Les questions de souveraineté économique 

Quelques membres du gouvernement lors de leur passage devant l’Assemblée. © D.R.

La question de la sécurité alimentaire a également occupé une place importante dans les débats. Les députés ont interrogé le gouvernement sur les conséquences de l’interdiction d’importation du poulet et ses répercussions sur l’approvisionnement du marché national ainsi que sur le pouvoir d’achat des ménages. Dans sa réponse, le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a rappelé que cette mesure s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la production nationale. Il a notamment évoqué la signature récente de partenariats avec plusieurs pays : « Notre objectif est de bâtir une filière avicole compétitive capable de répondre progressivement aux besoins du marché national tout en créant des emplois durables », a-t-il indiqué, tout en rassurant sur la vigilance du gouvernement face aux risques de hausse des prix.

Autre sujet important évoqué : la transformation locale du manganèse. Les parlementaires ont voulu connaître les orientations du gouvernement en matière d’industrialisation et de valorisation nationale de cette ressource minière, considérée comme un levier essentiel de diversification économique. Répondant à la question, le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, a souligné que c’est une réforme destinée à accroître la valeur ajoutée des ressources extractives du pays. « Nous voulons développer une véritable chaine de valeur industrielle, fondée sur le renforcement des infrastructures, la qualification de la main-d’œuvre et la transformation locale de nos matières premières », a-t-il expliqué.

La situation de La Poste S.A

Enfin, la situation de la Poste SA, confrontée depuis plusieurs années à de sérieuses difficultés, a fait l’objet d’une attention particulière. Les députés ont demandé au gouvernement de préciser les mesures envisagées pour assurer la pérennité de cette entreprise publique et préserver sa mission de service public. Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a dressé l’état des lieux de l’entreprise, tout en proposant plusieurs réformes visant le redressement durable de cette structure essentielle pour l’État. « Nous travaillons à l’actualisation du cadre juridique du secteur postal afin de mieux définir les missions de service universel, de clarifier les responsabilités des différents acteurs et d’accompagner la modernisation de l’entreprise », a-t-il déclaré.

À travers cette séance de contrôle parlementaire, les élus ont réaffirmé leur volonté de veiller à la bonne conduite de l’action gouvernementale et d’obtenir des réponses concrètes aux préoccupations exprimées par les citoyens.

 
GR
 

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