Vingt ans après sa dernière édition, le Gabon a lancé, ce vendredi 3 juillet, à Libreville, son Rapport national sur le développement humain (RNDH 2026), sous le thème «Jeunesse, employabilité, entrepreneuriat et développement humain». Élaboré par le ministère de la Planification avec l’appui du PNUD, il dresse un diagnostic approfondi des dynamiques sociales et économiques du pays, en plaçant la jeunesse, qui représente plus de 50% de la population, au cœur de la transformation du modèle de développement. Plusieurs indicateurs ressortent de ce rapport qui constitue, pour le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, «un outil de pilotage essentiel pour orienter nos politiques publiques vers plus d’efficacité et d’inclusion». 

Le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, la ministre de la Planification, Louise Pierrette Mvono, présentant les exemplaires du RNDH 2026. © GabonReview

 

Sur le plan des indicateurs, les principaux enseignements de ce rapport, présenté ce vendredi 3 juillet, et élaboré par le ministère de la Planification et de la Prospective et l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), révèlent un contraste saisissant. Avec un Indice de développement humain (IDH) de 0,733, le Gabon demeure le pays le mieux classé d’Afrique centrale et occupe le 108e rang mondial sur 193 pays, tandis que son IDH a progressé de 46 % entre 1990 et 2023. 

Sur la même période, le document indique que l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 5,4 années, la durée moyenne de scolarisation de 5,2 années et la durée attendue de scolarisation de 1,4 année. En revanche, le revenu national brut par habitant a reculé de 31 % entre 1990 et 2022. Ce qui dévoile les fragilités économiques persistantes. Le rapport met surtout en exergue un paradoxe à savoir une jeunesse majoritaire, de plus en plus instruite, mais confrontée à un chômage élevé, à une inadéquation entre les formations et les besoins du marché du travail, ainsi qu’à de fortes disparités territoriales et de genre. «Le développement humain ne peut être pleinement atteint que si les investissements dans les capacités humaines se traduisent par davantage d’emplois, davantage de possibilités et davantage de prospérité partagée», a indiqué la représentante résidente du PNUD au Gabon, Rokya Ye-Dieng.

«L’entrepreneuriat ne doit pas être une solution de dernier recours, mais un véritable choix d’avenir»

Le rapport identifie plusieurs axes critiques, au premier rang desquels l’inadéquation entre les compétences issues du système éducatif, jugé trop généraliste, et les besoins réels du marché du travail. Ce déséquilibre alimente ce chômage des jeunes élevé, aggravé par ces fortes disparités territoriales et de genre qui touchent particulièrement les jeunes femmes et les populations hors des grands centres urbains. Face à la rareté de l’emploi salarié, l’entrepreneuriat s’impose comme une alternative, mais reste largement contraint par un accès limité au financement, un environnement réglementaire peu incitatif et des dispositifs d’accompagnement fragmentés. «L’entrepreneuriat ne doit pas être une solution de dernier recours, mais un véritable choix d’avenir», a plaidé Rokya Ye-Dieng, appelant à «un environnement plus favorable et une gouvernance qui facilite l’initiative privée».

«Vingt ans après le dernier rapport, il s’agit pour nous de mieux comprendre les dynamiques qui façonnent notre pays afin d’apporter des réponses plus adaptées aux attentes des populations», a fait savoir la ministre de la Planification, Louise Pierrette Mvono. Elle a ajouté que ce document vise à «renforcer l’efficacité de l’action publique». En filigrane, l’enseignement qui s’impose est que la jeunesse gabonaise n’est pas seulement un défi à relever, mais «une formidable opportunité à soutenir» ; condition essentielle pour bâtir un développement humain inclusif, durable et résolument tourné vers l’avenir.

 
GR
 

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