Route Bikélé-Essassa : les 17 familles impactées seront indemnisées, mais la contestation foncière persiste
Le gouverneur de la province de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, a rencontré, jeudi 30 juillet 2026, les populations concernées par le projet de construction de la route en 2×2 voies reliant Essassa à Bikélé. Si les autorités ont annoncé le paiement imminent des indemnisations aux 17 familles directement impactées, la rencontre a également mis en évidence les tensions persistantes autour des opérations foncières menées par la Société nationale immobilière (SNI).

Le gouverneur de la province de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, échangeant avec la population d’Essassa, le 30 juillet 2026. © GabonReview
Le projet de construction de la route en 2×2 voies reliant la Route nationale à Bikélé, en passant par Essassa, est sur la bonne voie. Le gouverneur de la province de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, a échangé le 30 juillet 2026 avec les 17 familles directement concernées par les emprises du chantier afin de présenter les résultats des évaluations de leurs biens et les modalités de leur indemnisation.
Selon le gouverneur, cette infrastructure s’étendra sur une longueur de 8,80 kilomètres, avec une emprise de 20 mètres, et nécessitera l’acquisition de plusieurs biens appartenant aux populations riveraines. « C’est le projet qui part de la nationale et qui traverse Essassa pour rejoindre Bikélé. Il s’agit d’une route de 8,80 km réalisée sur une emprise de 20 mètres. Bien évidemment, elle va impacter 17 familles, mais qui possèdent plusieurs biens », a-t-elle expliqué.
L’autorité administrative a indiqué que toutes les dispositions financières avaient déjà été prises afin que les personnes concernées puissent percevoir leurs indemnisations sans délai. «Nous avons reçu les 17 familles impactées afin de leur présenter les résultats des évaluations, c’est-à-dire les montants attribués pour leurs biens respectifs. Les financements sont disponibles au gouvernorat et, dès demain, elles pourront venir récupérer leurs différents chèques», a annoncé Marie-Françoise Dikoumba.
Les autorités évoquent un projet déjà largement expliqué
Le gouverneur a rappelé que plusieurs séances d’information avaient été organisées en amont avec les populations, notamment par le directeur général de la Société nationale immobilière (SNI) et le ministre de l’Habitat. Selon elle, si certaines inquiétudes persistent, elles s’expliquent principalement par le stress lié aux opérations de déguerpissement. «Les populations sont informées, mais le stress que génère ce type de projet fait qu’elles passent parfois à côté de certaines informations. Plusieurs communications ont pourtant été organisées, sur le terrain comme dans la presse», a-t-elle souligné.
Des habitants dénoncent des destructions et contestent les procédures

Quelques moments de la rencontre. © GabonReview
La rencontre a toutefois été marquée par la présence de nombreux habitants d’Essassa qui ne figurent pas parmi les 17 familles concernées par les indemnisations. Profitant de cette tribune, ils ont exprimé leur mécontentement face aux opérations foncières conduites depuis plusieurs mois dans cette zone. Le président du collectif des occupants des terrains d’Essassa, Simplice Ibouanga, estime que certaines destructions ont été réalisées sans décision judiciaire préalable.
«Les réalités et les actes posés par la SNI et le ministre de l’Habitat, c’est un fossé. En matière de foncier, on ne détruit pas les biens d’autrui, même lorsqu’on possède un titre foncier. Il faut une décision du tribunal. Sur cette question, la SNI ne dispose pas d’une décision de justice lui permettant de détruire les biens des Gabonaises et des Gabonais», a-t-il affirmé.
Il regrette également que le projet initial ait, selon lui, évolué au détriment des habitants. « Les populations sont spoliées, les maisons sont détruites et certains propriétaires ne reconnaissent même plus leurs biens, tant les démolitions ont été importantes », a-t-il dénoncé.
La SNI défend son programme de développement
Face à ces critiques, le directeur général de la Société nationale immobilière, Jean Pierre Ondounda, a rappelé que la zone concernée accueille non seulement le projet routier, mais également un vaste programme immobilier porté par la SNI. Il a précisé que l’entreprise dispose d’un titre foncier et qu’une importante opération de régularisation foncière a déjà été menée. «Nous avons lancé récemment le programme de construction de 3 100 logements. À Bikélé, 1 500 logements sont déjà prévus et, ici, nous construirons 1 600 logements supplémentaires. Nous allons également commercialiser près de 4 000 parcelles. La SNI dispose d’un titre foncier sur ce site et nous avons procédé à une régularisation foncière de masse qui a permis de régulariser environ 2 000 personnes disposant d’un cadre bâti», a expliqué le directeur général.
Si les indemnisations des familles directement touchées par le tracé de la future route doivent désormais être effectives, les échanges ont mis en évidence que les questions foncières à Essassa demeurent une source de fortes tensions entre les populations et les pouvoirs publics. Elles devraient continuer à alimenter les discussions au fur et à mesure de l’avancement des projets d’aménagement de cette importante zone de la périphérie de Libreville.















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