Routes à élargir, habitations à détruire à Akanda : Dikoumba joue l’apaisement
Après l’annonce de nouvelles opérations d’élargissement de plusieurs voies à Akanda et Libreville, qui impliqueront notamment la libération des emprises occupées par des habitations et des espaces commerciaux, le gouverneur de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, tente de calmer les inquiétudes des populations. Dans un communiqué, le 25 août, elle assure que les personnes impactées seront prises en compte dans le cadre d’un processus de réinstallation et appelle à « l’écoute, au respect et à l’humanité ».

Plusieurs dizaines de familles vivant à Ciciba bientôt déguerpies. Le gouverneur rassure sur l’accompagnement des autorités. © D.R.
L’annonce avait de quoi susciter l’inquiétude chez les riverains concernés. Le projet d’élargissement de plusieurs voies dans les communes d’Akanda et de Libreville nécessitera, en effet, la libération des emprises concernées et, par conséquent, la destruction de certaines constructions et l’éviction de leurs occupants.
Face aux interrogations nées de ces opérations, le gouverneur de la province de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, a voulu apporter des précisions sur la procédure envisagée et surtout rassurer les populations impactées.
Dans un communiqué daté du 25 août 2026, lu par son conseiller militaire sur le plateau du JT de Gabon 1ère, l’autorité provinciale appelle ainsi « chacune et chacun au calme, à la sérénité et à la responsabilité ».
Un processus en plusieurs étapes
Le gouverneur précise que l’aménagement des voies ciblées ne se fera pas de manière immédiate. Plusieurs étapes doivent d’abord être franchies, notamment le marquage des emprises, le recensement et l’identification des propriétaires ou auteurs des constructions concernées.
Viendront ensuite « l’élaboration du plan d’action et de réinstallation par consultation publique » ainsi que la communication du Plan d’action de réinstallation (PAR), notamment en ce qui concerne les compensations destinées aux personnes impactées.
La mise en œuvre du PAR constituera ensuite une étape préalable à la libération effective des emprises et au démarrage des travaux.
Cette chronologie entend manifestement répondre aux craintes suscitées par la perspective de déguerpissements. Les occupants concernés ne devraient donc pas être directement confrontés à la démolition de leurs biens sans que les différentes étapes administratives prévues ne soient engagées.
Des destructions qui inquiètent
À Akanda, les opérations concernent notamment plusieurs tronçons reliant l’ancien Delta Postal au secteur du Petit marché Delta, en passant par différents carrefours et points de repère de la zone.
La perspective de l’élargissement de ces voies signifie toutefois que certaines constructions situées dans les emprises devront être supprimées. Des habitations, mais également des espaces à vocation commerciale, pourraient ainsi être affectés par les travaux.
C’est précisément cette perspective qui nourrit les inquiétudes des populations concernées, dont certaines pourraient perdre leur logement, leur activité ou une partie de leurs installations.
Consciente de la sensibilité du dossier, Marie-Françoise Dikoumba affirme que les opérations relèvent d’une « démarche d’intérêt général manifeste », tout en promettant une attention particulière aux préoccupations des personnes impactées.
« Écoute, respect et humanité »
Le gouverneur assure que les populations concernées ne seront pas laissées sans prise en compte dans le processus.
« Les préoccupations des populations concernées » devront, selon elle, être examinées « avec écoute, respect et humanité ».
Une manière pour l’autorité provinciale de désamorcer les tensions alors que l’annonce de ces futurs déguerpissements intervient dans un contexte où la question de l’occupation des emprises routières demeure particulièrement sensible.
Le gouvernement devra donc conjuguer impératif d’aménagement et prise en compte des droits et intérêts des personnes affectées. La question des compensations et des conditions de réinstallation devrait, à cet égard, constituer l’un des principaux enjeux du processus.
Le gouverneur veut garder la main sur l’information
Marie-Françoise Dikoumba entend également éviter la propagation d’informations contradictoires autour de ce dossier.
Elle rappelle ainsi que toute communication relative aux opérations envisagées devra se faire « par le canal des membres du gouvernement ou par le sien », considérant qu’elle est la seule autorité habilitée à communiquer en la matière.
« Toute autre source d’information est réputée nulle et de nul effet », prévient-elle.
Pour l’heure, le message du gouverneur se veut donc à la fois ferme sur la nécessité de libérer les emprises destinées aux futurs aménagements et rassurant à l’endroit des populations susceptibles d’être déguerpies. Reste désormais à voir comment seront conduites les opérations de recensement, de consultation et de compensation, avant la libération effective des emprises et le lancement des travaux.
















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