Face à la multiplication des personnes en situation d’errance dans le Grand Libreville et à la saturation de l’hôpital psychiatrique de Melen, le gouvernement veut renforcer la prise en charge des troubles mentaux. Un plan d’urgence attendu pour les prochains jours devrait notamment porter sur les capacités d’accueil, les ressources humaines et les moyens financiers et logistiques.

Un moment de la réunion du 14 septembre 2026. © Com. VPG

 

La santé mentale s’impose désormais comme une préoccupation majeure de l’action publique au Gabon. Réuni le 14 septembre à Libreville autour du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, l’exécutif a examiné les difficultés du secteur et les réponses à apporter, avec en ligne de mire le renforcement de la prise en charge des personnes vivant avec des troubles mentaux.

La rencontre, qui a réuni les départements ministériels concernés, intervient dans un contexte marqué par une présence croissante de personnes en situation d’errance dans la capitale et ses environs. Le gouvernement entend ainsi passer du constat à l’action, en consolidant les mécanismes de prévention et en améliorant l’accès aux soins spécialisés.

Melen, un établissement sous pression

Au cœur des discussions : l’hôpital psychiatrique de Melen, établissement de référence pour la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux. Ses capacités d’accueil sont aujourd’hui «largement dépassées», selon les autorités.

«C’est visible au niveau de Libreville, de plus en plus de malades errants au niveau de la capitale, et il est important pour nous de nous asseoir et de trouver des solutions à cette problématique», a déclaré la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou.

Pour le membre du gouvernement, la réponse ne saurait cependant se limiter à l’hospitalisation. «Le but, effectivement, d’un malade mental, ce n’est pas de vivre dans un hôpital psychiatrique, mais c’est de regagner sa famille, voire même d’être réinséré au niveau professionnel», a-t-elle souligné.

L’enjeu est donc double : améliorer la prise en charge médicale tout en favorisant la réinsertion familiale, sociale et professionnelle des patients.

Un plan d’urgence en préparation

Pour répondre à cette situation, Hermann Immongault a indiqué avoir instruit la ministre de la Santé de proposer au gouvernement un plan d’urgence consacré à la santé mentale.

«Les personnes vivant avec des troubles mentaux, en situation vulnérable dans le Grand Libreville, prennent un tournant assez inquiétant. Un seul jour ne passe pas sans que nous n’ayons à déplorer, de manière directe ou indirecte, des situations pouvant s’apparenter à de la violence», a rappelé le vice-président du gouvernement.

D’après lui, «le gouvernement ne peut pas rester insensible à cela». Le futur dispositif devrait associer une stratégie d’intervention à des moyens financiers, humains et logistiques.

L’urgence porte notamment sur l’amélioration du «ramassage» des personnes en situation d’errance, l’augmentation des capacités d’accueil de Melen et l’amélioration des conditions de prise en charge au sein de cet établissement.

Prévention et réinsertion au cœur de la réponse

Au-delà des infrastructures et des moyens, l’exécutif entend privilégier une approche globale de la santé mentale. Celle-ci doit combiner prévention, accès aux soins spécialisés, lutte contre la stigmatisation et réinsertion des patients.

«Cela demande un apport financier, un apport en ressources humaines», a indiqué Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, appelant dans le même temps «la société civile, aux associations et à l’ensemble des experts qui s’intéressent à la santé mentale» à contribuer à cette démarche.

Le gouvernement souhaite ainsi renforcer un dispositif encore sous tension, tout en inscrivant durablement la santé mentale parmi les priorités de l’action publique.

Cette orientation s’inscrit dans le Plan national de croissance et de développement (PNCD), qui identifie la santé comme un secteur prioritaire et place le renforcement du système de santé et l’amélioration du bien-être des populations au cœur du développement national.

 
GR
 

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