Au lendemain du réquisitoire présidentiel sur le «sabotage» interne, une autre voix se fait entendre : celle des agents de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) joints au téléphone par GabonReview ce 30 juin. Lors de l’échange du 29 juin au Centre des métiers (CDM) Jean Violas d’Owendo, les techniciens ont profité du micro ouvert pour rectifier plusieurs informations transmises au chef de l’État et défendre leur part de vérité.

Au cœur du débat, les hommes de terrain : les techniciens de la SEEG ont défendu leur part de vérité face au chef de l’État. © Communication présidentielle Gabon

 

Leur message tient en une nuance essentielle : les difficultés de l’entreprise ne sauraient se résumer à la mauvaise volonté des agents. Sur plusieurs dossiers présentés comme des réussites, ils estiment que la communication officielle ne reflète pas la réalité du terrain. Ils citent l’inauguration du booster du PK5 et le projet PIAEPAL, dont les annonces ne traduiraient pas, selon eux, la situation opérationnelle réelle. La production, soulignent-ils, demeure insuffisante au regard des besoins, et des moyens supplémentaires restent indispensables.

Ni refus, ni sabotage : la mise au point des techniciens

Visages attentifs côté agents, lors d’un échange de près de trois heures. © ©Communication présidentielle Gabon

Le point le plus sensible aura porté sur les groupes électrogènes. Les agents contestent fermement la version d’un refus délibéré de les installer, information qu’ils disent inexacte. Ils affirment avoir au contraire formulé des demandes précises en pièces détachées et en conditions techniques de montage, demandes restées sans réponse. Ces remontées de terrain auraient été déformées au niveau hiérarchique, laissant croire à une obstruction qui n’a jamais existé.

Dans le même esprit, les techniciens relient les incidents survenus sur certaines installations à un déficit de formation, et non à une faute intentionnelle. Les agents déployés dans les centrales thermiques pour la maintenance des groupes n’auraient pas bénéficié des formations adéquates, notamment au Centre des métiers. Dès lors, expliquent-ils, des erreurs de manipulation peuvent survenir sans qu’il faille y voir une intention de nuire.

Production, scission et confiance retrouvée

Au fil des échanges, le ton ferme du président aurait laissé place à une compréhension mutuelle. «Nous l’avons compris, et il nous a compris», résume en substance un cadre de la SEEG joint au téléphone. Sur la délicate question de la scission de l’entreprise, le chef de l’État les aurait rassurés, affirmant la nécessité d’aller résolument vers le changement.

Les techniciens disent enfin attendre les projets de renforcement des capacités de production dans le Grand Libreville et à l’intérieur du pays, et se déclarent prêts à relever les défis du secteur aux côtés du président. À une condition, martèlent-ils : que l’on laisse le technicien faire son travail, aujourd’hui largement confié à des prestataires.

 
GR
 

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