Face à la faible représentativité des entreprises dirigées par des femmes dans son portefeuille, la Société de garantie du Gabon (SGG) entend passer à l’action. Réunissant le 27 juillet à Libreville une quarantaine d’entrepreneuses venues de plusieurs provinces ainsi que des partenaires financiers, l’institution a lancé un dispositif destiné à améliorer l’accès des femmes au crédit bancaire et à renforcer leur inclusion financière.

Le directeur général de la SGG, Alban Etho posant avant les femmes entrepreneurs, le 27 juillet 2026. © D.R.

 

La Société de Garantie du Gabon (SGG) a placé l’entrepreneuriat féminin au cœur de ses priorités. À travers la journée «Entreprendre au Féminin : Ensemble, levons les obstacles», organisée le 27 juillet à l’Hôtel de la Sablière à Libreville, l’institution a réuni une quarantaine de femmes entrepreneures, sept établissements financiers partenaires et plusieurs acteurs de l’écosystème entrepreneurial autour d’un objectif commun : faciliter l’accès des femmes au financement.

Placée sous le haut patronage de la ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PME-PMI, Zenaba Gninga Chaning, cette rencontre a permis de mettre en évidence les difficultés persistantes auxquelles sont confrontées les porteuses de projets. Si les femmes sont de plus en plus nombreuses à entreprendre, elles demeurent sous-représentées parmi les entreprises bénéficiant de garanties financières. Sur les 436 PME accompagnées par la SGG, seules 98 sont dirigées par des femmes, soit 22 % du portefeuille de l’institution.

Pour le directeur général de la SGG, Alban Etho, ce constat ne traduit ni un manque d’ambition ni un déficit de compétences. «C’est un chiffre que nous connaissons bien, que nous suivons de près, et que nous avons décidé de ne plus simplement observer, mais d’agir pour le faire évoluer», a-t-il déclaré à l’ouverture des travaux. Selon lui, les principaux obstacles résident dans les difficultés à constituer les garanties exigées par les banques, à structurer les dossiers de financement et à accéder aux dispositifs d’accompagnement existants.

Afin de répondre à ces contraintes, la SGG a présenté un produit de garantie spécifiquement conçu pour les femmes entrepreneures. Ce mécanisme permet de couvrir jusqu’à 75 % d’un financement bancaire, réduisant ainsi le risque supporté par les établissements financiers et augmentant les chances d’accès au crédit. «Nous savons que ce chiffre ne reflète ni le talent, ni l’ambition, ni la capacité des femmes entrepreneuses gabonaises. Il reflète des obstacles. C’est précisément pour les lever que la SGG a conçu ce produit dédié à l’entrepreneuriat féminin», a expliqué Alban Etho.

Un espace d’échanges et de mise en relation

Une vue de la salle. © D.R.

Au-delà de cette annonce, la journée s’est voulue un espace d’échanges et de mise en relation. Une conférence consacrée à la formalisation des entreprises féminines a précédé un panel réunissant notamment des responsables de la Chambre de commerce du Gabon, de la Chambre nationale des métiers et de l’artisanat, de l’AWEP Gabon, de la BCEG, d’Okoumé Capital et de la SGG. Les débats ont mis en évidence les défis liés à l’inclusion financière des femmes entrepreneures, tandis que plusieurs participantes ont partagé leurs expériences, parfois marquées par des refus de financement ou des difficultés à convaincre les établissements bancaires. 

L’accent a ensuite été mis sur des ateliers B2B, au cours desquels les entrepreneures ont pu présenter directement leurs projets aux conseillers des institutions financières partenaires. L’objectif était d’aller au-delà des échanges théoriques en permettant un examen concret des dossiers et un accompagnement personnalisé. À l’issue de cette rencontre, les partenaires financiers se sont engagés à assurer un suivi des projets présentés, avec l’ambition d’accorder au moins deux financements par mois aux femmes identifiées lors de cette initiative. Les données recueillies serviront également à établir une cartographie de l’entrepreneuriat féminin au Gabon, afin de mieux orienter les politiques d’accompagnement.

En initiant cette rencontre, la Société de garantie du Gabon entend ainsi faire évoluer durablement les conditions d’accès au financement des femmes entrepreneures. «Cette journée n’est pas une conférence de plus. C’est un espace de travail, d’échange et, nous l’espérons, de premiers pas concrets vers un financement», a conclu son directeur général.

 
GR
 

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