Silence sur Facebook : Princesse de Souba effacée après ses révélations sur les Bongo
La disparition du compte Facebook de Princesse de Souba, quelques jours après la diffusion d’une vidéo explosive mettant en scène la famille Bongo et des magistrats, sonne comme un avertissement. L’ancienne agente du renseignement, devenue activiste sulfureuse, incarne le point de friction entre vérité et pouvoir, liberté et contrôle. Son bannissement suscite de nombreuses interrogations.

Princesse de Souba, l’ancienne espionne que le système a formée, dérangerait-elle maintenant ? © GabonReview
Quelques jours après la diffusion d’une vidéo explosive impliquant Ali Bongo, Sylvia Bongo et Noureddin, le compte Facebook de «Princesse de Souba» disparaît. Hasard de calendrier ou acte de police numérique ? Le cas emblématique de cette ex-cadre passée par le SILAM, devenue figure controversée de l’activisme en ligne, met à nu la ligne de crête sur laquelle avance la transition : réguler sans bâillonner, protéger l’ordre public sans criminaliser la parole.
Anatomie d’une censure et portrait d’un trouble
La séquence est limpide : publication d’un document présenté comme «preuve» d’un procès biaisé ; annonce de révélations visant le patron de la DGSS ; extinction soudaine du principal canal de diffusion. L’argument sécuritaire – lutter contre la diffamation, la violation du secret et les discours haineux – sert de justification commode. Mais la concomitance nourrit l’hypothèse d’une neutralisation préventive d’une voix gênante. Dans une transition qui revendique la lumière, l’ombre procédurale interroge.
Le parcours de Nelly Ngabima alias Princesse de Souba brouille les repères : ex-proche des appareils d’écoute, elle revendique désormais un rôle de sentinelle. Ses publications mêlent pièces apparemment documentées, audios sensibles et charges à l’emporte-pièce. D’où le procès récurrent en «activisme ordurier». Mais l’argument ad hominem ne suffit pas : une société ouverte doit distinguer, dans les mêmes contenus, ce qui relève de l’intérêt public de ce qui tombe sous le coup de la loi. Faute d’un tri juridictionnel rapide et public, la censure technique ressemble à un raccourci politique.
Le paradoxe d’une post-transition sous contrôle
Le gouvernement a affiché depuis 2024 une volonté de judiciariser les débordements en ligne (injures, diffamation, incitation). Louable sur le principe, cette stratégie suppose transparence des procédures, contradictoire effectif et décisions motivées. Or, externaliser la sanction via les plateformes – bannissement soudain, signalements massifs, déréférencements – revient à privatiser la répression de la parole. Facebook devient alors, de facto, bras armé de la police du discours, dans un espace où la HAC multiplie mises en garde sans clarifier pleinement les frontières.
Le pouvoir tend la main à certains ex-activistes (cooptation, responsabilités publiques ou politiques) tout en durcissant la riposte contre d’autres. La grille «bons» et «mauvais» activistes – intellectuels versus orduriers – fonctionne politiquement mais fragilise l’État de droit : c’est au juge, pas à l’exécutif ni aux plateformes, de trancher. En définitive, le bannissement de Princesse de Souba n’éteint pas la question qu’elle pose : le Gabon post-Bongo change-t-il de méthodes ou seulement de gestionnaires ? La transition gagnera à substituer aux réflexes de musellement une régulation publique, contradictoire et transparente, seule digue durable contre la diffamation et contre l’arbitraire.
















3 Commentaires
Les auteurs, des crimes contre les Bongos, vont vous faire DIRE SANS PITIÉ. OLIGUI ET SES RÉSEAUX DE MANIPULER LES PAGES DES GENS
Ne vous voilez pas la face, les acteurs majeurs de la transition sont exactement les mêmes que ceux de l’ère des Bongo, les méthodes sont donc les mêmes: répression féroce de tout ce qui dérange et l’encensement de tous les « kounabélistes ». Un serpent a beau faire sa mue reste un serpent…
C’est pourtant toi qui appelle à la vengeance par ailleurs et pas à la justice… C’est toi qui trouve normal que les Bongo subissent ce qu’ils ont faut subir aux autres.. Avec ton raisonnement sur les Bongo, comment le changement peut-il advenir ?