Née dans un modeste bar de Libreville au milieu des années 1960, la Sobraga est devenue, six décennies plus tard, l’un des symboles les plus puissants de l’industrialisation gabonaise. Entre mémoire collective, ambition économique et promesses d’avenir, l’entreprise du groupe Castel a célébré ses 60 ans comme on célèbre une institution : avec faste, émotion et une démonstration assumée de puissance industrielle.

Sous les lumières du chapiteau d’Akanda, le gigantesque gâteau des 60 ans de la Sobraga fait son entrée : symbole spectaculaire de six décennies d’ancrage industriel au Gabon. © GabonReview

 

Le stade de l’Amitié d’Akanda a servi, le 9 mai, d’écrin à une célébration à la hauteur de l’événement. Devant un parterre composé de dirigeants du groupe Castel, de membres du gouvernement, d’élus locaux, d’anciens cadres et d’employés, la Société des boissons rafraîchissantes du Gabon (Sobraga) a célébré six décennies d’existence, rappelant son statut singulier dans le paysage économique gabonais.

Trois scènes, une même réalité : depuis soixante ans, la Sobraga accompagne les transformations économiques et sociales du Gabon. © GabonReview

Fondée en 1966 par Pierre Castel et Albert Bernard Bongo, l’entreprise s’est progressivement imposée comme l’un des piliers de l’agro-industrie nationale. Derrière les marques populaires et les chaînes de production, la société revendique aujourd’hui un rôle plus vaste : celui d’un acteur industriel structurant, créateur d’emplois et partenaire durable du développement économique.

«Nous continuerons à innover et à nous adapter afin d’accompagner les transformations économiques et sociales du pays», a déclaré le directeur général, Xavier Jaffret. Selon lui, cette dynamique s’inscrit dans la vision du président Brice Clotaire Oligui Nguema, tournée vers «la recherche de performance» et la construction «d’un Gabon résolument industriel, créateur de valeur, d’emplois et de transformation locale».

Au fil des discours, un récit fondateur est revenu avec insistance : celui du mythique bar «Le Frigidaire», à Libreville, où serait née l’idée de bâtir une industrie brassicole nationale. «Tout a commencé en 1965 (…) dans un lieu mythique de l’époque : le bar “Le Frigidaire”», a rappelé Xavier Jaffret, évoquant «une intuition» portée par deux «bâtisseurs».

Pour Grégoire Clec, directeur général du groupe Groupe Castel depuis 2023, la Sobraga dépasse désormais le simple cadre entrepreneurial. «Elle accompagne la vie du Gabon (…) elle est présente dans les grands événements et les moments de partage», a-t-il affirmé, qualifiant l’entreprise de «marque de confiance pour des milliers de Gabonais».

Au-delà des chiffres et des investissements, la soirée a aussi mis en lumière le capital humain de l’entreprise. Le président du syndicat, Martin Endamne, a salué «des travailleurs engagés, courageux et déterminés», rappelant que «le dialogue social» demeure l’un des fondements de la stabilité et de la longévité du groupe.

Soixante ans après ses débuts, la Sobraga ne célèbre donc pas une fin de cycle. Elle revendique, au contraire, l’ouverture d’une nouvelle ère industrielle.

 
GR
 

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